{"id":42345,"date":"2017-07-27T00:00:37","date_gmt":"2017-07-26T23:00:37","guid":{"rendered":"http:\/\/viecontemplative.saintefamille.fr\/?p=42345"},"modified":"2017-07-17T08:12:01","modified_gmt":"2017-07-17T07:12:01","slug":"cain-et-abel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/viecontemplative.saintefamille.fr\/?p=42345","title":{"rendered":"[:fr]Ca\u00efn et Abel[:]"},"content":{"rendered":"<p>[:fr]<\/p>\n<h5 style=\"text-align: center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-42346\" src=\"https:\/\/viecontemplative.saintefamille.fr\/files\/2017\/07\/Ca\u00efn-et-Abel-283x300.jpg\" alt=\"\" width=\"283\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/viecontemplative.saintefamille.fr\/files\/2017\/07\/Ca\u00efn-et-Abel-283x300.jpg 283w, https:\/\/viecontemplative.saintefamille.fr\/files\/2017\/07\/Ca\u00efn-et-Abel.jpg 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 283px) 100vw, 283px\" \/><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify\">\u00ab<em> Ca\u00efn adressa la parole \u00e0 son fr\u00e8re Abel et comme ils \u00e9taient dans les champs, Ca\u00efn se dressa contre son fr\u00e8re Abel et le tua<\/em> \u00bb. Gn 4, 2-3)<\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify\">Chouraqui traduit : \u00ab <em>Ca\u00efn dit \u00e0 Abel, et quand ils sont dans les champs, il se dressa contre son fr\u00e8re et le tua<\/em> \u00bb. Sa traduction est plus fid\u00e8le au mot h\u00e9breu.<\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify\">Quand on dit \u00ab <em>Ca\u00efn parla \u00e0 Abel<\/em> \u00bb, la phrase est compl\u00e8te alors que le verbe h\u00e9breu appelle un compl\u00e9ment comme le verbe dire en fran\u00e7ais.<\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify\">La traduction \u00ab <em>Ca\u00efn dit \u00e0 Abel\u2026 et quand ils sont aux champs<\/em> \u00bb laisse appara\u00eetre un manque, une rupture. \u00ab <em>Ca\u00efn dit \u00e0 Abel\u2026<\/em> \u00bb, cette construction laisse un blanc, il manque quelque chose. En rh\u00e9torique, cela s\u2019appelle une anacoluthe, un d\u00e9crochage. \u00ab <em>Ca\u00efn dit \u2026<\/em> \u00bb il dit quoi ? Il ne rien du tout. Les rabbins disent : le probl\u00e8me de Ca\u00efn et Abel, c\u2019est justement que les deux fr\u00e8res ne se sont pas parl\u00e9.<\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify\">Quand j\u2019\u00e9tais petit, au cat\u00e9chisme, j\u2019avais appris que Ca\u00efn \u00e9tait le m\u00e9chant et Abel, le gentil. Les textes h\u00e9breux sont beaucoup plus subtils que cela. Le drame de Ca\u00efn et Abel repr\u00e9sente la grande opposition entre les s\u00e9dentaires et les nomades. Ca\u00efn \u00e9tait agriculteur et Abel berger. Tout le probl\u00e8me du texte est la question : comment les s\u00e9dentaires et les nomades arrivent \u00e0 se partager la terre ?<\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify\">Les textes rabbiniques sont souvent assez s\u00e9v\u00e8res contre Abel qui aurait fait preuve d\u2019arrogance aupr\u00e8s de son fr\u00e8re, disant : mon sacrifice a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 et pas le tien ! L\u2019enjeu de ce texte-l\u00e0 est de savoir comment s\u00e9dentaires et nomades pouvaient apprendre \u00e0 se partager l\u2019espace ? Le drame est celui de la jalousie et de la violence, mais surtout de l\u2019apprentissage de la diff\u00e9rence. Les premiers chapitres de la Bible reposent sur un certain nombre de polarit\u00e9s.<\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify\">Le 1er chapitre \u00e9voque les oppositions entre le jour et la nuit, le ciel et la terre, les continents et les oc\u00e9ans, la lune et le soleil, les poissons et les oiseaux, l\u2019homme et l\u2019animal. En Gen 2, on trouve la polarit\u00e9 entre le souffle et la poussi\u00e8re, l\u2019homme et la femme, le commandement positif et le commandement n\u00e9gatif. Et l\u00e0 on trouve enfin la polarit\u00e9 entre les nomades et les s\u00e9dentaires. Les rabbins disent que l\u2019enjeu fondamental de notre humanit\u00e9 est de savoir quelle place nous laissons \u00e0 l\u2019autre p\u00f4le que nous-m\u00eames ? Ils racontent alors une l\u00e9gende \u00e0 partir du mot \u00ab chamayim \u00bb, qui en h\u00e9breu veut dire, le ciel. Le mot chamayim est compos\u00e9 de deux mots : \u00ab esh \u00bb, le feu, et \u00ab mayim \u00bb, l\u2019eau. Le feu et l\u2019eau symbolisent ce qui peuple le ciel : le soleil et les nuages, qui sont en opposition puisque les nuages obscurcissent le soleil qui lui ass\u00e8che les nuages.<\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify\">Dans leur sagesse le soleil et les nuages se sont dit : si jamais l\u2019un de nous nous \u00e9tait totalement vainqueur, le monde ne survivrait pas. Le soleil a dit : \u00ab si j\u2019ass\u00e9chais tous les nuages, le monde deviendrait un d\u00e9sert et ne pourrait pas vivre \u00bb ; et les nuages ont dit : \u00ab si nous cachions d\u00e9finitivement le soleil, le monde serait dans les t\u00e9n\u00e8bres et ne pourrait pas vivre \u00bb. Et ils ont d\u00e9cid\u00e9 de se partager le ciel. Il y a \u00ab chamayim \u00bb, ciel, quand le soleil et les nuages d\u00e9cident de se partager le ciel. En m\u00e9t\u00e9orologie, lorsque le soleil et les nuages se rencontrent, cela forme un arc-en-ciel, qui symboliquement repr\u00e9sente le partage du ciel par le feu et l\u2019eau.<\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify\">Nous avons l\u00e0 un mod\u00e8le pour \u00e9voquer les diff\u00e9rences \u00e9num\u00e9r\u00e9es. La terre ne deviendra un ciel que lorsque les s\u00e9dentaires et les nomades arriveront chacun \u00e0 laisser une place \u00e0 l\u2019autre \u00e9l\u00e9ment de la polarit\u00e9.<\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify\">Cit\u00e9 par \u00a0le pasteur A Nouis<br \/>\nLes Lectures rabbiniques de la Gen\u00e8se \u2013 \u00a02009<\/h5>\n<p>[:]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[:fr] \u00ab Ca\u00efn adressa la parole \u00e0 son fr\u00e8re Abel et comme ils \u00e9taient dans les champs, Ca\u00efn se dressa contre son fr\u00e8re Abel et le tua \u00bb. 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