Où est-il ton Dieu, ton créateur?
“Abraham avait trois ans lorsqu’il sortit de la caverne [où l’avait caché son père pour le soustraire à la colère de Nimrod]. S’interrogeant sur le créateur du ciel, de la terre et de lui-même, il passe toute la journée, à adresser ses prières au soleil. Le soir, le soleil se couche à l’occident et la lune se lève à l’orient. Voyant la lune entourée d’étoiles, il se dit : voilà le créateur du ciel, de la terre et de moi-même ; ces étoiles sont ses ministres et ses serviteurs. Toute la nuit, il adresse donc ses prières à la lune. Au matin, la lune disparaît à l’ouest et le soleil se lève à l’est. Il dit : ces deux [astres] sont dépourvus de puissance. Un souverain est au-dessus d’eux, à Lui j’adresserai mes prières et devant Lui je m’inclinerai !” (Midrashe – Parasha Lekh Lekha)
St Augustin
A force d’entendre dire chaque jour : « Où est-il ton Dieu » et chaque jour de me rassasier de mes larmes, j’ai nuit et jour orienté ma méditation sur ce « où est ton Dieu ? », et j’en suis venue moi-même à me mettre en quête de mon Dieu pour dépasser la simple croyance et en avoir en outre quelque vision. (…)
Je considérai la terre : la terre a été créée. Grande est la beauté des terres ; mais cette terre a un auteur. Grandes sont les merveilles des semences et des germinations ; mais ctoutes ces choses ont un créateur.
Je montre toute la grandeur de la mer répandue autour de la terre, j’en suis stupéfait, j’admire, j’en cherche l’auteur, je lève les yeux vers le ciel et la beauté des astres, j’admire la splendeur du soleil, dont la vertu suffit à produire le jour, et la lune qui console les ténèbres de la nuit. (…)
Ce sont là (…) choses qui ne sont déjà plus terrestres mais célestes. Cependant, ma soif ne s’arrête pas encore là. Ce sont là des choses que j’admire, que je loue, mais c’est de celui qui a créé ces choses, c’est de lui que j’ai soif…
Mon Dieu – qui a créé ces choses que mes yeux m’ont fait voir – n’est pas à chercher avec ces pauvres yeux-là. (St Augustin)