Douceur et joie du coeur
Pour Evagre le Pontique (IV siècle), le critère véritable de la maturité est la douceur. Voilà ce qui caractérise maturité humaine et spirituelle.
Le terme allemand « Sanftmut » (douceur) signifie, à proprement parler le « courage de se recueillir ».
Je recueille tout ce qui relève de moi, y compris mes aspects ténébreux. J’ai le courage de tout laisser parvenir à moi et de placer tout cela dans ma relation à Dieu. Cela me rend doux à l’égard de moi-même et à l’égard des autres êtres humains.
Evagre voit dans la douceur l’attitude de Jésus lorsqu’il nous exhorte ainsi : “Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur” (Matthieu, II ,29). La douceur implique un cœur ouvert. Dans un cœur largement ouvert, Dieu peut demeurer, comme le disent les moines. Un cœur ouvert ne juge ni ne tranche. Il est accessible aux humains qui peuvent le pénétrer. Ce qui relève aussi de la maturité, c’est la joie du cœur (hilaritas), l’équanimité et le calme intérieur, la paix, la vivacité et la liberté. Car nous ne sommes pas mûrs une fois pour toutes, mais nous cheminons sans cesse vers une plus grande maturité humaine et spirituelle.
Anselm Grün
Dans la revue Prier, Mars 2011