
L’appel à la solitude avec Dieu, ce mystérieux appel monastique à vivre de Dieu seul, ne nous retire pas de l’Église… Il nous jette au cœur de l’Église. De fait, il est impossible de plonger en Dieu sans plonger au cœur de l’Église, sans aimer l’Église, et donc sans désirer ardemment qu’elle réponde à l’appel du Christ qui lui demande aujourd’hui de « sortir »…
* Moniales et moines vont-ils « sortir »?
Ce n’est pas la vocation monastique qui nous sépare des pauvres : au contraire, la plongée dans la vie contemplative ouvre les yeux sur ce que sont les plus pauvres sous le regard de Dieu…
* Le témoignage de la vie monastique
Notre témoignage essentiel sera celui de la priorité de Dieu, de la priorité de la prière. Témoignage essentiel parce que pour tous les chrétiens, il n’y aura de vraie « sortie » vers l’autre que s’il y a une « sortie » vers Dieu. L’adoration est le ressort, l’élan, d’une vraie sortie missionnaire…
* Offrir des lieux de ressourcement
Les monastères seront des lieux-source pour la nouvelle évangélisation. Des lieux où l’on apprend la lectio divina (cf. no 152), où l’on découvre la valeur de la « via pulchritudinis », la voie de la beauté (cf. no 167) pour rejoindre le cœur humain. Des lieux où l’on trouve des moniales et des moines disponibles pour un accompagnement, une écoute pleine de respect et de compassion (cf. no 171)…
* Prière et offrande
Le grand « service » de la vie monastique restera d’abord celui de la prière, celui d’une intercession vigoureuse pour l’Église, pour la nouvelle évangélisation. Cette prière d’intercession ne nous éloignera pas de la véritable contemplation, car la contemplation qui se fait sans les autres est un mensonge (cf. no 181)…
* Une force d’interpellation
Nous pouvons donc l’affirmer : la vie monastique n’est en rien « à côté » de la conversion missionnaire de l’Église. Elle a tant à partager, tant à donner, essentiellement par sa ferveur contemplative, son amour de l’Église, sa passion pour la venue du Règne… La vie monastique, avec son primat de Dieu, son primat de la prière, de la liturgie, aura là une force d’interpellation, un « ministère d’inquiétude » indispensable…
* Choisir d’être petits
Que seront les monastères demain? Non pas des îlots de « sainteté » au milieu d’un monde pécheur, mais des îlots de miséricorde qui annoncent silencieusement que Dieu fait miséricorde au monde entier. Des îlots de joie qui proclament silencieusement que la joie de l’Évangile est offerte à tout humain. Des îlots d’espérance qui partagent la certitude du Pape François quand il place, au terme de son exhortation, la proclamation de l’Apocalypse : « Voici que je fais toutes choses nouvelles », dit le Seigneur (Ap 21, 5 ; cf. La joie de l’Évangile, no 288).
Antoine-Emmanuel, FMJ
frjerusalem.montreal@yahoo.ca
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