[:fr]Le visage[:]
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Le visage se refuse
à la possession, à mes pouvoirs.
Dans son épiphanie, dans l’expression, le sensible,
encore saisissable se mue en résistance totale à la prise.
Cette mutation ne se peut
que par l’ouverture d’une dimension nouvelle.
En effet, la résistance à la prise ne se produit pas
comme une résistance insurmontable
comme dureté du rocher contre lequel l’effort de la main se brise,
comme l’éloignement d’une étoile dans l’immensité de l’espace.
L’expression que le visage introduit dans le monde
ne défie pas la faiblesse de mes pouvoirs, mais mon pouvoir de pouvoir.
Le visage, encore choses parmi les choses, perce la forme qui cependant le délimite.
Ce qui veut dire concrètement :
le visage me parle et par là m’invite à une relation sans commune mesure
avec un pouvoir qui s’exerce, fût-il jouissance ou connaissance.
(Totalité et infini, Martinius Nijhoff, 1961, p.172)
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