[:fr]le travail, expression de l’amour[:]
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LE TRAVAIL EXPRESSION DE L’AMOUR
Une des expressions quotidiennes de cet amour dans la vie de la Famille de Nazareth est le travail. Le texte évangélique précise par quel type de travail Joseph essayait d’assurer la subsistance de sa Famille: celui de charpentier. Ce simple mot recouvre toute l’étendue de la vie de Joseph. Pour Jésus, ce sont là les années de la vie cachée dont parle l’évangéliste après l’épisode du Temple: « Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth; et i1 leur était soumis. » (Lc 2, 51.)
Cette « soumission », c’est-à-dire l’obéissance de Jésus dans la maison de Nazareth, est aussi comprise comme une participation au travail de Joseph. Celui qui était appelé le « fils du charpentier » avait appris le travail de son « père » putatif. Si, dans l’ordre du salut et de la sainteté, la Famille de Nazareth est un exemple et un modèle pour les familles humaines, on peut en dire autant, par analogie, du travail de jésus aux côtés de Joseph le charpentier.
A notre époque l’Eglise a mis cela en relief, entre autres, par la mémoire liturgique de saint Joseph Artisan, fixée au ter mai. Le travail humain, en particulier le travail manuel, prend un accent spécial dans l’Evangile. Il est entré dans le mystère de l’Incarnation en même temps que l’humanité du Fils de Dieu, de même aussi qu’il a été racheté d’une manière particulière. Grâce à son atelier où il exerçait son métier et même temps que Jésus, Joseph rendit le travail humain proche du mystère de la Rédemption.
Dans la croissance humaine de Jésus « en sagesse, en taille et en grâce », une vertu eut une part importante: la conscience professionnelle, le travail étant « un bien de l’homme » qui « transforme la nature » et rend l’homme « en un certain sens plus homme (34) ».
L’importance du travail dans la vie de l’homme demande qu’on en connaisse et qu’on en assimile les éléments afin « d’aider tous les hommes à s’avancer grâce à lui vers Dieu, Créateur et Rédempteur, à participer à son plan de salut sur l’homme et le monde, et à approfondir dans leur vie l’amitié avec le Christ, en participant par la foi de manière vivante à sa triple mission de prêtre, de prophète et de roi (35) ».
Il s’agit en définitive de la sanctification de la vie quotidienne, à laquelle chacun doit s’efforcer en fonction de son état et qui peut être proposée selon un modèle accessible à tous: « Saint Joseph est le modèle des humbles, que le christianisme élève vers de grands destins; il est la preuve que, pour être de bons et authentiques disciples du Christ, il n’y a pas besoin de «grandes choses»: il faut seulement des vertus communes, humaines, simples, mais vraies et authentiques (36) ».
Redemptoris Custos – Pape Jean-Paul II – N°22-23-24
Notes:
(34) Cf. Encycl. Laborem exercens (14 septembre 1981), n. 9: AAS 73 (1981), p. 599-600. (35) Ibid., n. 24: 1. c., p. 638. En la période récente, les Souverains Pontifes ont constamment présenté saint Joseph comme le « modèle » des ouvriers et des travailleurs; cf. par ex. LÉON XIII, Encycl. Quamquam pluries (15 aoűt 1889): 1. c., p. 180; BENOÎT XV, Motu proprio Bonum sane (25 juillet 1920): 1. c., p. 314-316; PIE XII, Allocution du 11 mars 1945, n. 4: AAS 37 (1945), p. 72; Allocution du ler mai 1955: AAS 47 (1955), p. 406; Jean XXIII, Radiomessage du ler mai 1960: AAS 52 (1960), p. 398. (36) PAUL VI, Allocution du 19 mars 1969: Insegnamenti, VII (1969), p. 1268.
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