
Anna Harendt écrivait à son maître Karl Jaspers que l’essentiel de sa foi tenait à l’imprévisibilité. Et je ne vois pas meilleur bâton de marche pour nous laisser conduire jusqu’au matin de Pâques.
Marie Madeleine se rendait au tombeau pour embaumer le corps de Jésus. Elle s’arrime à son devoir de femme pour se hisser au-dessus de la torpeur. Ne frémit-elle pas, en parcourant les rues vides de Jérusae, du désir de le voir venir à elle?
Et pourant voyant la pierre du tombeau roulée sur le côté, l’imagination de Marie Madeleine galopera vers le scénario d’une profanation. Elle n’imaginera pas l’inimaginable. Elle ne réalisera pas tout de suite qu’à l’impensable de la mort s’est substitué un autre impensable….
Marie Madeleine court rejoindre les disciples pour les informer de la seule chose qu’elle puissse penser ce matin-là: “on a enlevé du tombeau le Seigeur et ous ne savons pas où on l’a mis.” Et elle dit juste, en vérité: à partir de ce jour, la grâce nous sera faite de ne jamais savoir par avance où il se trouve. Et souvent, il jettera la lumière de sa résurrection dans les endroits les plus reculés de ns vies.
Aussi dans la profondeur de refondation que suscite le récit de la résurrection, dans la timidité, l’orgueil et les raisonnements qui nous retiennent de plonger entièrement dans cet Impensable nouveau, revenons avec Marie Madeleine au jardin et laissons-nous entraîner d’un Impensable à l’Autre.
Marion Muller-Colard
Eclats d’Evangile – p 257-258
Ed Bayard
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