Lu ailleurs

“ Qu’est-ce que le cœur charitable?
demande Isaac le Syrien.
C’est un cœur qui s’enflamme d’amour pour la création tout entière… Celui dont le cœur est tel ne pourra se rappeler ou voir une créature sans que ses yeux se remplissent de larmes à cause de l’immense compassion qui le saisit…
C’est pourquoi cet homme ne cesse de prier… même pour les reptiles, mû par la pitié infinie qui s’éveille dans le cœur de ceux qui s’unissent à Dieu ” (Discours 81, 2).
« Tout ce qui m’entourait m’apparaissait
sous un aspect de beauté : …
tout priait, tout chantait
gloire à Dieu!
Je comprenais ainsi ce qu’on appelle
« la connaissance du langage de la création »
et je voyais comment il est possible
de converser avec les créatures de Dieu. »
(Le Pèlerin russe)




donne-nous aujourd’hui
la seule clé qui nous manque :
celle qui ne verrouille pas,
mais libère ;
celle qui ne renferme pas nos trésors périssables,
mais livre passage à ton amour ;
celle que tu as confiée aux mains fragiles de ton Eglise :
la clé de ton Royaume.

M.Zundel
Ton visage ma lumière p :408-409 – Ed MamE


Les dirigeants du monde et les représentants officiels des gouvernements se rassembleront à Rio de Janeiro, au Brésil, du 20 au 22 juin 2012 pour la Conférence des Nations unies sur le développement durable – généralement appelée Rio + 20.
Vingt ans après le Sommet de la terre de 1992, le monde se réunira une fois de plus pour faire l’inventaire de la situation d’où nous venons et pour forger des accords sur ce qu’il faut faire de plus afin de soutenir toute vie sur terre. Comme personnes individuelles, comme institutions et comme peuple, nous avons besoin d’un changement de cœur pour préserver et protéger la planète pour maintenant et pour les générations futures.
« La Conférence des Nations unies sur le développement durable
à Rio de Janeiro [est] une opportunité sans précédent d’engager le monde
sur un chemin de développement plus équitable et plus durable. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies
“L’obéissance à la voix de la terre, de l’être,
c’est pour notre bonheur futur plus important
que les voix et les envies du moment …,
notre terre nous parle et nous devons l’écouter
si nous voulons survivre et déchiffrer son message.”
(Benoît XVI)
Créateur et soutien de toute vie, nous faisons tous partie de la Terre Mère, communauté de vie indivisible composée d’êtres interdépendants et intimement liés entre eux par un destin commun ;
Aide-nous à nous rappeler que la Terre Mère est un être vivant.
Créateur et soutien de toute vie, notre Terre Mère est source de vie, de subsistance et d’enseignement, et elle nous prodigue tout ce dont nous avons besoin pour bien vivre ;
Aide-nous à nous rappeler que la Terre Mère est un être vivant.
Créateur et soutien de toute vie, l’exploitation, la prédation et la pollution ont causé d’importantes destructions, dégradations et modifications de la Terre Mère, mettant en danger la vie telle que nous la connaissons de nos jours ;
Aide-nous à nous rappeler que la Terre Mère est un être vivant.
Créateur et soutien de toute vie, dans une communauté de vie impliquant des relations d’interdépendance, il est impossible de reconnaître des droits aux seuls humains sans provoquer de déséquilibre au sein de la Terre Mère ;
Aide-nous à nous rappeler que la Terre Mère est un être vivant.
Créateur et soutien de toute vie, la capacité de régénération de notre planète est limitée et nous, humains, devons réexaminer nos schémas de consommation et de production pour sauvegarder la vie sur la Terre Mère pour les générations futures ;
Aide-nous à nous rappeler que la Terre Mère est un être vivant.
Créateur et soutien de toute vie, pour garantir les droits humains, il est nécessaire de reconnaître et de défendre les droits de la Terre Mère et de toutes les créatures ;
Aide-nous à nous rappeler que la Terre Mère est un être vivant.
Créateur et soutien de toute vie, il est urgent d’entreprendre des actions collectives décisives pour transformer les structures et les systèmes qui constituent des menaces pour la Terre Mère ;
Aide-nous à nous rappeler que la Terre Mère est un être vivant.
Sagesse sainte et compatissante, dans la communauté de vie à laquelle nous appartenons, c’est la Terre Mère qui soutient, contient et nourrit tous les êtres.
Nous implorons ta bénédiction sur les dirigeants mondiaux et sur les représentants des gouvernements qui se rassembleront à Rio de Janeiro pour la Conférence mondiale des Nations unies sur le développement durable en juin de cette année. Inspire-les, guide-les et encourage-les à reconnaître que le défi principal du développement durable est le rééquilibrage, en partenaires égaux, de l’écologie, de l’économie et de l’équité, particulièrement en relation avec ceux qui vivent en pauvreté, de sorte que toute vie sur terre soit également respectée et protégée comme ton don de vie.
Ouvre largement les cœurs de tous ceux qui participeront à Rio + 20, de sorte qu’ils puissent s’entendre et s’apprécier mutuellement, sachant que le bien-être de toute vie sur cette planète dépend de notre interdépendance, de notre harmonie vraie et humble avec la nature.
Renforce la voix des nombreux hommes et femmes de la société civile qui ont un souci passionné de la santé de la terre. Donne-nous à tous le courage d’accueillir ton Esprit dynamique, de sorte que nous puissions tourner nos cœurs et nos actions vers le bien-être de notre généreuse Terre Mère. Amen.
Cette prière est une adaptation du Projet de Déclaration Universelledes Droits de la Terre Mère, en particulier son préambule et les articles 1.1. et 1.2. http://sacrecoeuralonu.orgEGLISE ET COSMOS
Olivier Clément
Entre la première et la seconde venue du Seigneur, entre le Dieu-homme et le Dieu-univers, entre la modalité déchue de l’être et sa modalité transfigurée, il y a l’Église, comme “limite” et comme “passage”. Chaque chrétien, par sa communion aux choses saintes, c’est-à-dire à l’eucharistie, et dans la communion des saints, devient lui-même une vivante “limite”, où la mort passe dans la vie.
L’histoire cosmique de l’Église est l’histoire d’un enfantement, celui du cosmos comme corps de gloire de l’humanité déifiée. L’Église est la matrice divino-humaine où se tisse ce corps universel de l’homme nouveau, des hommes nouveaux : “La création tout entière… souffre les douleurs de l’enfantement… jusqu’au moment de sa régénération” (Ro 8, 20-22).
Les “mystères” de l’Église, c’est-à-dire les divers aspects de la vie de l’Église comme sacrement du Ressuscité, constituent le centre et le sens de la vie cosmique. Les choses n’existent que par les prières, les bénédictions, les transmutations de l’Église : “En tout cela, la matière auparavant morte et insensible transmet les grands miracles et reçoit en elle la force de Dieu.” (saint Grégoire de Nysse, PG 46, 581B). Tout culmine à la métamorphose eucharistique.
Pour saint Irénée, c’est toute la nature que nous offrons, afin qu’elle soit “eucharistiée”. Dans l’offrande, rappelle Cyrille de Jérusalem, “on fait mémoire du ciel, de la terre, de la mer, du soleil, de la lune et de toute la création…” (Catéchèses mystagogiques, V, 6).
Si les sucs montent de la terre, si l’eau décrit son cycle fécondant, si le ciel et la terre s’épousent dans le soleil et dans la pluie, si l’homme laboure, sème, moissonne et vendange, si le cellier tressaille d’un noir parfum, si le vieux grain meurt dans la terre et le grain nouveau sous la meule, c’est pour qu’enfin une nourriture apparaisse qui ne transmette que la vie, c’est pour qu’enfin l’œuvre de l’homme fasse de la chair de la terre un calice offert à l’Esprit.
Pour et parce que : de ce centre lumineux en effet, de ce peu de matière introduite à l’incandescence du Corps de gloire, le feu gagne jusqu’aux rochers et aux étoiles dont la substance est présente dans le pain et le vin, la sanctification eucharistique protège le monde, sature lentement d’éternité le cœur des choses, prépare la transformation du monde en eucharistie.
Ainsi l’Église apparaît comme le lieu spirituel où l’homme fait l’apprentissage d’une existence eucharistique et devient authentiquement prêtre et roi : par la liturgie, il découvre le monde transfiguré en Christ et désormais collabore à sa métamorphose définitive. La mission cosmique de l’Église se multiplie activement dans le monde par l’humble royauté de l’homme liturgique. L’homme sanctifié est un homme qui sanctifie.