20090423
“Sois pour nous, Seigneur Jésus,
la tendresse et l’amour du Père.
Sois proche, ouvre ta main,
soutiens ceux qui tombent, redresse les accablés,
garde tes amis, réponds-nous.” (Magnificat)
Archives April 2009
“Sois pour nous, Seigneur Jésus,
la tendresse et l’amour du Père.
Sois proche, ouvre ta main,
soutiens ceux qui tombent, redresse les accablés,
garde tes amis, réponds-nous.” (Magnificat)
Dans notre vie quotidienne, nous donnons la priorité à la prière personnelle et communautaire. La prière est le pôle autour duquel toute notre vie s’organise. Chacune et ensemble, nous nous mettons sous le regard de Dieu pour habiter son mystère, sûres que « notre bonheur n’est pas hors de nous mais en nous par le règne de Dieu Seul » (P.B Noailles).
La prière est la porte ouverte sur ce bonheur, même si certains jours elle est étroite et rude à passer. Prier signifie consentir à entrer dans le combat spirituel. Nous pouvons éprouver quelques fois un sentiment d’ennui… notre esprit vagabonde et se laisse saisir par mille petits ou grands soucis… Nous devons croire que le Seigneur est là au plus intime et au plus profond de notre être, son regard d’amour posé sur nous. Il connaît notre désir profond. Il accueille notre pauvreté, notre incapacité à le prier parfois vraiment. Dom Gendebien écrit:
“Le Seigneur, par sa manière d’agir, nous apprend à prier”
La prière est cet espace d’amour, d’amitié, de partage que Dieu nous offre: “Le Seigneur parlait à Moise face à face, comme un homme parle à son ami…” (Ex 33,11). Il nous donne du temps et nous lui donnons du temps car, pour Lui comme pour nous, c’est essentiel. La prière est conversation d’amour avec Dieu.
La prière est continuelle car nous aimons le Seigneur. Jour après jour, nous gravissons, dans la foi, le chemin de la prière pour chercher le Seigneur et nous laisser trouver par Lui. La prière tourne le regard de notre coeur vers le Seigneur. Elle nous appelle à accueillir et écouter, méditer et célébrer la Parole de Dieu pour donner à chacune de nos journées la saveur de l’Evangile.
La prière est une fenêtre ouverte par laquelle le souffle de l’Esprit Saint entre en nous et nous renouvelle chaque jour. Nous Le supplions de nous donner la liberté de l’amour pour prier avec le Fils de Dieu : “Abba Père!“. La prière unifie notre vie dans le Christ et exprime notre être filial, notre vie d’enfants de Dieu.
Nous ne sommes jamais seules dans la prière. D’autres partagent notre foi et notre espérance. La prière nous relie au Seigneur, à l’Eglise et au monde. De la rencontre vivante avec le Christ Jésus, naît et se développe une vocation d’intercession. “Prier pour les hommes c’est donner du sang de son coeur”, disait un moine du mont Athos.
La prière est la voix de l’Eglise qui implore et supplie, bénit et loue son Dieu et fait résonner en notre monde le cri de l’humanité en quête de paix, de justice et d’amour. Un moine écrit:
“La prière est l’exercice terrestre de notre condition divine”
Je t’exalterai,
Seigneur mon Dieu et mon Roi,
je bénirai ton nom toujours et à jamais! (Ps 144)
Louons le Seigneur
car son amour envers nous
s’est montré le plus fort!
Alléluia! Alléluia!
Louange à toi Seigneur Jésus,
l’humble chemin de ta venue
guide nos pas jusqu’au salut! (Hymne)
Une soeur apostolique écrit….
La maison de la Solitude et la vie contemplative… un peu d’histoire…
Au soir du 14 Novembre 1831, à la nuit presque tombée, en pleine campagne, un voiturier dépose deux femmes avec leurs ballots à la porte d’une maison inhabitée. Une fois entrées et la chandelle allumée, elles ne découvrent que des toiles d’araignées.
Cette nuit là, elles dorment peu, l’oreille aux aguets pour faire face aux bruits menaçants de la nuit : craquements sinistres des huisseries, hululements sourds de quelques bêtes. Un froid rude et un vent glacial s’engouffrent dans cette maison aux fenêtres sans vitres. On raconte qu’à proximité, des loups affamés sont sortis des bois, et ont attaqué deux vaches à l’étable voisine. Au matin, elles découvrent une vigne noueuse et abandonnée et de magnifiques arbres qui barrent l’horizon.
Elles sont là en éclaireuses pour préparer la maison et accueillir trois autres compagnes. Ces dernières, venues de Bordeaux, arrivent avec une charrette tirée par des bœufs avec pour toute richesse : un peu de linge un peu de vaisselle, un pauvre mobilier, bref le strict minimum pour démarrer pauvrement une vie communautaire. Le curé de Martillac, l’abbé Breaud, a bien préparé les paroissiens à leur venue. Aussi, elles sont accueillies avec sympathie.
En 1831, la Sainte-Famille a déjà 11ans d’existence. Elle vient de s’établir à Martillac au lieu dit « le Vigneau-du-haut », qui deviendra très vite « la Solitude ». Le Père Noailles, dans son vaste projet, souhaitait une présence religieuse dans les campagnes. Son intuition est en train de prendre corps. Le premier geste de la communauté fondatrice est de placer au centre la statue de la Vierge Marie. C’est elle qui doit prendre possession des lieux et en devenir la Mère et la Reine.
28 ans plus tard, en 1859, le Père Noailles, peu de temps avant sa mort (+1861) fonde officiellement la première communauté de vie contemplative Sainte Famille. C’était pour lui, « le couronnement de son œuvre » et la Solitude en était pourrait-on dire, le berceau naturel ! Les Contemplatives ou Solitaires comme on les appelait alors, allaient être comme “le coeur mystique de toute l’Association de la Sainte-Famille” (P B.Peyrous)
Vue la difficulté d’assurer un service religieux à la Solitude, le Fondateur juge, dés 1860, opportun de rapprocher la communauté de la ville de Bordeaux Les “ soeurs solitaires” vont habiter le couvent St Pierre à Talence le 30 avril 1861 qui deviendra en 1920 le noviciat des sœurs apostoliques. Les « Solitaires » quittent alors “St Pierre” et s’installent au couvent Ste Hélène, dans le quartier St Augustin de Bordeaux. Elles y resteront jusqu’en 1966, date à laquelle elles reviendront au lieu qui les a vue naître : La Solitude. Et c’est là, en ce lieu béni et si cher à tous les membres de la Sainte Famille qu’elles demeurent toujours.
Depuis, la vie contemplative Sainte Famille s’est étendue dans d’autres pays. Aujourd’hui, il y a quatre monastères de la Sainte Famille: France (Martillac), Espagne (Oteiza), Argentine (Posadas) Sri Lanka (Nagoda).
Aujourd’hui, la communauté contemplative de la Solitude rassemble un petit nombre de sœurs. Mais sa force demeure dans son amour indéfectible pour le Seigneur et son Eglise. Présente à la vie du Secteur pastoral des Graves, elle poursuit, dans la foi et l’espérance, sa vie contemplative simple et fraternelle, accueillante et disponible.
Pendant de longues années, elle a été longtemps seule à tenir la flamme allumée de la vie contemplative au sein de la Famille spirituelle du Père Noailles. Aujourd’hui, elle est heureuse de célébrer en cette année 2009, le 150ième anniversaire de sa fondation.
Entourée de membres de la Sainte Famille, d’amis et des chrétiens du secteur pastoral des Graves, elle aura la joie, le 21 juin prochain, de rendre grâce pour tant de grâces reçues du Seigneur, au cours de l’Eucharistie présidée par le Cardinal Ricard, Archevêque du Diocèse de Bordeaux-Bazas.
Réjouissons de sa fidélité dans la prière, l’adoration et l’intercession pour l’Eglise et le monde. Sans sa présence, la Solitude serait-elle encore la Solitude ?
Reine du ciel réjouis-toi, alléluia,
car le Seigneur que tu as porté , alléluia,
est ressuscité comme il l’avait dit , alléluia,
Reine du ciel, prie Dieu pour nous, alléluia.