L’Esprit nous invite à suivre Jésus dans son obéissance filiale. Il nous apprend à écouter la Parole d’un coeur docile, à découvrir Dieu présent et agissant dans le monde, et à répondre à ses appels. A travers toute réalité, Il nous conduit à une recherche aimante de ce qui plaît au Père, faisant de notre vie une oblation totale. (Art 172)
“Le Christ s’aime comme une personne, il s’impose comme un monde » (T de Chardin). Nous sommes appelées à porter notre regard sur Jésus, à demeurer avec Lui pour accueillir l’amour sans limite du Père présent et agissant dans toute sa Création.
Contemplons sa vie à la lumière de la parole du Prophète Michée: “On t’a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que l’Eternel réclame de toi : rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu.” (Mi 6,8).
Qu’est-ce qu’accomplir la justice aujourd’hui? Aimer avec bonté? Marcher humblement avec notre Dieu?
C’est suivre Jésus Christ « en qui sont unis en profondeur l’être humain, Dieu et le cosmos » (Jean Proulx); c’est s’ouvrir à la vaste communauté planétaire et cosmique, vivre à son égard des relations empreintes d’écoute, de compassion et de respect; c’est acquérir – comme l’aveugle Bartimée – une nouvelle vision de l’oeuvre créatrice et rédemptrice de Dieu; c’est avoir « un regard qui nous fait voir le monde dans sa gratuité. Un regard de pauvre qui fait de l’être humain un témoin et un relais de l’Amour créateur. » (Eloi Leclerc)
Pour le spécialiste de cosmologie mathématique, Brian Swimme, l’univers est une révélation permanente, radieuse et spirituelle. La contemplation des prodiges de la créativité en mouvement du cosmos est une expérience mystique et extatique qui inspire le respect. Que vous conversiez avec lui, que vous lisiez ses livres ou regardiez les vidéos de sa série pédagogique, la passion de Swimme est contagieuse. Spécialiste de la dynamique de l’évolution de l’univers…
Au commencement était le Verbe… Toutes choses ont été faites par lui, et rein de ce qui a été fait n’a été fait sans lui (Jean 1, 1-3).
Le Christ, dès le moment de la création était, il demeure, le lieu universel entre toutes les créatures et tous les phénomènes, non seulement les phénomènes humains, mais les phénomènes cosmiques. On disait hier justement dans nos réunions qu’il s’agissait d’élargir, d’approfondir notre piété jusqu’à ce que l’appel, les dimensions cosmiques du Christ dépassent ce qu’on pourrait appeler notre piété finie, nos dévotions personnelles. Ne les supprimons pas mais élargissons-les aux dimensions du Christ. Que notre piété embrasse la création entière!
Dieu, que l’essence divine, est un Amour sans limites, un Amour qui s’exprime non seulement dans les hommes, mais dans le monde total, dans le monde des animaux, des plantes, des fleurs, des minéraux, les étoiles, les galaxies… Je crois qu’il y a là un aspect que nous oublions bien vite et que nous oublions de manière d’autant plus étrange que les orthodoxes parlent très souvent, précisément, de leur piété cosmique ; ils parlent de l’univers, de la terre – mais quelle est la place de cette piété cosmique dans leur vie personnelle, dans leur spiritualité personnelle ?…
“Prenez une fleur dans la main, prenez une pierre.Méditez sur elles, non du point de vue scientifique, celui du botaniste ou du géologue, mais du point de vue spirituel. Chacune d’elles est un abrégé de l’évolution du monde vers le « Christ total » dont parle Saint Paul. Elles ne sont pas seulement des signes d’Amour conduisant à lui. Elles sont également signes d’Amour venant vers nous, se révélant à nous, se donnant à nous, se rapprochant de nous de plus en plus.
Contemplez la beauté divine dans un brin d’herbe, dans une feuille, dans une branche. Percevez une offrande dans une senteur, une couleur. Faisons participer nos vies spirituelles à la vie de l’univers. Reconnaissons en toute créature le printemps de l’amour divin qui s’accorde à elle et à elle seule. Le Seigneur-Amour a aimé chaque grain de sable, chaque pierre, chaque feuille, chaque arbrisseau, chaque animal.”
« LA MESSE SUR LE MONDE, OU LA VISION THEOLOGIQUE DE TEILHARD »
Conférence donnée par le Père Gustave MARTELET s.j. à l’Ecole – Cathédrale de Paris, le 20 octobre 2002
dans le cadre du Colloque « Sur les pas de Teilhard en Egypte», organisée par l’Association des amis de P. Teilhard de Chardin
“Le plus simple est de partir de ce qu’il y a peut être de plus profond dans Teilhard, c’est à dire de mots du coeur qui, pour ainsi dire, lui ont échappé, dans ses Carnets de retraite. Ces Carnets, qui seront publiés en février ou mars 2003, permettent à ceux qui l’aiment de l’aimer davantage, et à ceux qui ont encore des réticences sur l’inspiration chrétienne de Teilhard, d’être délivrés définitivement de cette grossière erreur. Prenons ces mots dans l’ordre chronologique. D’abord à propos du Christ lui-même…
Le 27 octobre1793, naissait notre vénérable Fondateur, le Père Pierre-Bienvenu Noailles
Fêter l’anniversaire de quelqu’un, c’est se souvenir d’un événement, faire mémoire de l’histoire de la personne, se réjouir de sa présence.
Les parents de Pierre-Bienvenu l’ont accueilli avec joie: « C’est un fils » dit mon père « Dieu nous l’envoie » dit ma mère en me donnant son premier baiser « nommons-le Bienvenu ! » et notre Fondateur ajoutait « J’étais le bienvenu pour toute la famille. »
Aujourd’hui, les membres de sa Famille spirituelle ont rendu grâce pour sa naissance et pour sa vie, pour le don que Dieu nous a fait en sa personne.
« Ce que tu ne veux pas qu’on te fasse, ne le fais pas à ton compagnon. C’est là toute la Torah, le reste n’en est que l’explication ». (Hillel né en Babylonie en 73 avant l’ère chrétienne)
“Celui qui étudie la Loi accomplit un commandement. Celui qui l’étudie et la garde accomplit deux commandements. Celui qui l’étudie, la garde et la vit atteint le sommet.” (Sifre Dt 48)
Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres; car celui qui aime les autres a accompli la loi. ( Romains. 13: 8-14.)
Saint Pierre résume la vie du Christ en disant « Là où il passait, il faisait le bien ». (Actes des Apôtres 10, 38)
OBSERVER LE TEXTE, l’interroger, le frapper comme le forgeron frappe le fer avec son marteau et en fait jaillir des milliers d’étincelles. Laisser la Parole éclairer la Parole. A un certain moment ce texte deviendra parole pour nous, mais nous ne le savons pas à priori.
INTERIORISER, laisser le texte entrer en nous… pour entrer en lui. Le Seigneur nous attend sur le chemin de notre lecture. Il nous adresse une parole, Il se révèle à nous… Il nous révèle à nous-même… Il nous ouvre le chemin de vie…
REPONDRE au Seigneur, par l’offrande de soi, l’action de grâces, la supplication, la louange.
GOûTER la saveur de la Parole, demeurer à l’ombre de la Parole.
« Tourne et retourne la Torah en tout sens car tout y est renfermé… Elle seule te donnera la vraie science… Vieillit dans cette étude et ne l’abandonne jamais, tu ne saurais rien faire de mieux. » Texte de la Mishna compilation de la Loi orale Juive
“Abraham avait trois ans lorsqu’il sortit de la caverne [où l’avait caché son père pour le soustraire à la colère de Nimrod]. S’interrogeant sur le créateur du ciel, de la terre et de lui-même, il passe toute la journée, à adresser ses prières au soleil. Le soir, le soleil se couche à l’occident et la lune se lève à l’orient. Voyant la lune entourée d’étoiles, il se dit : voilà le créateur du ciel, de la terre et de moi-même ; ces étoiles sont ses ministres et ses serviteurs. Toute la nuit, il adresse donc ses prières à la lune. Au matin, la lune disparaît à l’ouest et le soleil se lève à l’est. Il dit : ces deux [astres] sont dépourvus de puissance. Un souverain est au-dessus d’eux, à Lui j’adresserai mes prières et devant Lui je m’inclinerai !” (Bereshit Rabba)