
On raconte qu’un vieux rabbin
demandait un jour à ses élèves à quel signe
on pouvait reconnaître le moment précis
où la nuit s’achève et où le jour s’instaure.
– Est-ce, demandent les élèves,
quand on peut sans peine distinguer de loin
un chien d’un mouton ?
– Non, dit le rabbin.
– Est-ce quand on peut distinguer sans peine
un dattier d’un figuier ?
– Non, dit encore le rabbin.
– Alors, quand donc Maître ?
C’est lorsque, perdu dans une foule,
le visage de n’importe quel inconnu
vous devient aussi précieux
que celui d’un père, d’une mère,
d’un frère, d’une sœur,
d’un fils ou d’une fille,
d’un époux, d’une épouse, d’un ami…
Celui à qui pareille chose n’est jamais arrivée,
qu’il sache simplement ceci :
Il fait toujours nuit dans son cœur.
Cité par Paul Baudiquez
« Plein signes » – Ed Cerf
Catégories: Lu ailleurs | 18/08/2012

Main de Dieu et main de l’homme
à la rencontre l’une de l’autre
sur les murs de la chapelle Sixtine.
Une imperceptible distance
fonde l’espace du don et de l’accueil ;
l’injonction du doigt de Dieu est impérieuse,
heureuse et tendre ;
l’homme s’éveille,
ruisselant d’une grâce nonchalante et comblée.
L’aventure tourne mal…
Il faut tout restaurer.
Les mains du Père sont toujours là,
fidèles au rendez-vous,
telles que Rembrandt les a peintes
dans la toile de Léningrad.

Des pauvres mains ferventes,
posées comme un manteau
sur les maigres épaules du fils
qui revient de si loin…
Une main de femme, douce et fine
et l’autre plus massive :
main d’homme.
Lumineuses, tendres et fortes
comme est l’amour de l’homme et de la femme,
tremblantes encore et pour toujours
du déchirant bonheur.
Tel le blanc vol fermé que l’on pose
sur le feu d’une blessure,
elles ne retiennent pas… elles attestent :
« Vois donc je t’ai gravé sur la paume de mes mains…
Tu as tant de prix à mes yeux ! »
Isaïe en témoigne inépuisablement :
« Tu seras comme une couronne dans la main de Dieu. »
Et cette autre promesse, plus radicale encore :
« Ton Architecte t’épousera… »
La main de l’Auteur devient la main de l’Epoux :
le créateur, vaincu d’amour, épouse sa créature !
On ne peut trop le répéter :
« Nous sommes dans la main de Dieu »
et il ne nous laissera pas « tomber ».
Où pourrait-on tomber plus bas
que « dans les bras de Dieu » ?
Catégories: Lu ailleurs | 10/08/2012
Il est une foi :
Abba, Jesuah, Rouah

Abba est le Père.
Il garde un visage jeune
comme au matin de la Création
quand il porte le monde à bout de bras.
C’est encore à bras étendu
qu’il libère les esclaves
qui fabriquent des briques en Egypte.
Il est beau. Il est bon
et il aime comme un père et une mère.
Abba, papa, notre Père.
Le Père a un fils :
Jesuah, Josué, Jésus.
Son visage est tel celui du père.
Il donne la jeunesse
à celui qui lui donne la sagesse.
Il joue en jonglant la nuit
avec les étoiles,
le jour avec le sable
sur lequel il écrit.
A douze ans, il sait poser les questions
et trouver des réponses.
Homme, il demande à boire
au bord d’un puits à une femme
et lui donne de s’abreuver
à une source qui ne s’épuise pas.
Il défend les droits
des petits, des pauvres, des paumés.
Il partage le pain et offre sa vie.
Mort, Abba le réveille,
le relève, le ressuscite,
Fils de Dieu vivant
d’un souffle saint.
Quel est ce souffle
qui murmure dans le buisson du jardin ?
C’est Rouah, la brise, légère
comme voile au vent.
Elle est la main agile du Père
avec la main du Fils pour créer.
Elle chante la comptine du bonheur,
elle crie aussi la clameur du malheur.
Elle brûle les lèvres des prophètes,
elle creuse l’oreille des sages.
Elle fait le lien
entre le Père et le Fils qui s’aiment,
Elle donne langue
à tous les enfants de Dieu
qui sont des frères et des sœurs.
Elle les invite tous à la danse,
couleurs et costumes,
musiques et rythmes à l’unisson.
Ils s’appellent :
Abba, Jesuah, Rouah,
le Père, le Fils et l’Esprit.
Amen. Oui, c’est vrai.
Patrick Jacquemont
Extrait de la revue “Signes”
Catégories: Lu ailleurs | 8/08/2012
J’ai demandé à la rose,

Rose ma soeur, parle-moi de mon Dieu et elle s’est mise à fleurir et m’a ouvert sa robe de satin rouge. Béni sois-tu Seigneur Créateur des roses et Dieu de mon coeur.
Nous t’acclamons! Béni sois-tu Seigneur Jésus!
J’ai demandé au nuage
Nuage mon frère, toi qui te promènes dans l’infini du ciel, parle-moi de mon Dieu. Et il s’est mis à flamboyer dans la symphonie de l’arc-en-ciel. Béni sois-tu Seigneur Créateur des nuages et Dieu de mon coeur.
Nous t’acclamons! Béni sois-tu Seigneur Jésus!
J’ai interrogé le rossignol,

Rossignol mon frère, parle-moi de mon Dieu. Et son chant a réveillé le coeur de la nuit et a fait se lever l’aube triomphante. Béni sois-tu Seigneur maître du Rossignol et Dieu de mon coeur.
Nous t’acclamons! Béni sois-tu Seigneur Jésus!
J’ai questionné le vent,

Vent mon frère, toi qui bois la rosée, qui fis bruire la forêt comme une cithare, qui fais rire le torrent de la montagne, parle-moi de mon Dieu.
Et il s’est mis à caresser la prairie et ses vagues et fait tressaillir le chant de blé. Béni sois-tu Seigneur Inventeur du vent et Dieu de mon coeur.
Nous t’acclamons! Béni sois-tu Seigneur Jésus!
J’ai aussi demandé à la musique,
Mélodie ma soeur, rythme bondissant sur les vagues de l’harmonie, parle-moi de mon Dieu. Et la musique s’est mise à danser des rondes de joie dans le ciel de mon coeur. Béni sois-tu Seigneur, Père de toute splendeur et Dieu de mon coeur.
Nous t’acclamons! Béni sois-tu Seigneur Jésus!
J’ai encore demandé à l’enfant,
Petite enfant, toi dont les anges contemplent sans cesse la face du père, parle-moi de mon Dieu. Et elle s’est mise à gazouiller en se mirant dans les yeux de la mère. Béni sois-tu Seigneur, Père de nos enfants et Dieu de mon coeur.
Nous t’acclamons! Béni sois-tu Seigneur Jésus!
J’ai encore demandé à mon coeur,

Toi mon coeur qui si souvent me parle des autres,parle-moi aussi de mon Dieu. Alors il s’est rempli de silence, il m’a rassasiée de paix.Béni sois-tu Seigneur Créateur de la joie du ciel et Dieu de mon coeur.
Nous t’acclamons! Béni sois-tu Seigneur Jésus!
(P. Lucien Deiss)
Catégories: Lu ailleurs | 1/08/2012

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons terme avec toutes personnes.
Dites doucement et clairement votre vérité. Ecoutez les autres, même le simple d’esprit et l’ignorant. Ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l’esprit. Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vais et vaniteux. Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.
Jouissez de vos projets aussi que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressé à votre carrière, si modeste soit-elle ; c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps.
Soyez prudents dans vos affaires ; car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands idéaux ; et partout la vie est remplie d’héroïsme.
Soyez vous-même. Surtout n’affectez pas l’amitié. Non plus ne soyez cynique en amour car il est en faveur de toute stérilité et de tout désenchantement, aussi éternel que l’herbe. Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse.
Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.
Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers, pas moins que les arbres et les étoiles, vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devrait.
Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie la paix dans votre âme.
Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Prenez attention. Tâchez d’être heureux.
Texte trouvé une vieille église de Baltimore en 1692.
Cité par J.Vernette dans Paraboles d’Orient et d’Occident –Ed Droguet & Ardant.
Catégories: Lu ailleurs | 1/08/2012

Seigneur, maître du temps,
fais que je sois toujours prêt à te donner
le temps que tu m’as donné.
Seigneur, maître du temps,
aide-moi à trouver chaque jour
Le temps de Te rencontrer
et le temps d’écouter les autres,
Le temps d’admirer
et le temps de respirer,
Le temps de me taire
et le temps de m’arrêter,
Le temps de sourire
et le temps de remercier,
Le temps de réfléchir
et le temps de pardonner,
Le temps d’aimer
et le temps de prier.
J-P Dumée-Dubois
Prières en liberté – Ed DDB 1992
Catégories: Lu ailleurs | 31/07/2012

Sur la montagne
qu’il fait bon respirer ;
l’air est pur, le soleil radieux, la nature calme,
l’âme s’élève à Dieu.
Sur la montagne
qu’il fait bon s’isoler, déposer son fardeau
et regarder autour de soi…
La solitude, le silence,
l’horizon sans fin et puis le ciel…
Sur la montagne,
on rêve, on admire,
on se réjouit par le souvenir, par l’espérance ;
on se sent près de Dieu.
Mère E.Bonnat – 1861
Catégories: Lu ailleurs | 30/07/2012
Une femme se voyait en rêve parmi les plus fabuleux magasins de la métropole. Toute surprise, elle découvrit Dieu lui-même derrière le comptoir le mieux fourni.
– Que vendez-vous donc? lui demanda-t-elle.
– Tout ce que ton coeur désire, lui répondit Dieu.
Emerveillée, la femme se décida à requérir les plus précieux joyaux qu’un être humain peut se prendre à souhaiter:
– Je veux acheter la paix du coeur, l’amour, la bonheur, la sagesse et l’impunité contre toute crainte et doute angoisse.
Puis, en se reprenant elle ajouta:
– Pas pour moi seulement, mais pour tous le êtres humains.
Dieu sourit alors et lui dit:
– Je crois que tu te trompes, mon amie, nous ne vendons pas les fruits, mais seulement les semences.
(P. de Mello)
Catégories: Lu ailleurs | 24/07/2012

Je vous aime ô Jésus !
par attrait, par sympathie, par affection,
par attachement, par tendresse, par reconnaissance,
par raison, par réflexion.
Je vous aime ô Jésus !
parce que vous bon, charitable,
complaisant, patient, condescendant,
indulgent, toujours prets à pardonner.
Je vous aime ô Jésus !
parce que vous m’enseignez l’humilité,
la douceur, la charité, la longanimité, la suavité.
Je vous aime ô Jésus !
parce que vous êtes toute puissance, toute sainteté,
toute beauté, toute amabilité.
Je vous aime ô Jésus !
parce que vous m’avez aimée,
que vous m’aimez et que vous m’aimerez.
Je vous aime ô Jésus !
de tout mon cœur, de toutes mes forces,
de toutes les puissances de mon âme,
de toutes les facultés de mon être.
Mère Emmanuel Bonnat – 1860
Catégories: Lu ailleurs | 19/07/2012

On le voit figé comme un monarque.
Il est ardent comme un berger.
On le croit initiateur de l’inquisition:
il en est la victime.
On l’incrimine d’être une bouée de sauvetage:
il nous apprend à nager.
On prétend qu’il est “quelque chose au-dessus de nous:
il est quelqu’un au-deans de nous.
On le cheche dans les justes:
il loge chez les pécheurs.
On le cherche dans les chaires de théologie:
il est assis dans l’herbe au banquet des amoureux.
On le cherche tenant dans la main la foudre et le fléau:
il joie une sardane avec un “roseai froissé”.
On le cherche dans un cimetière:
il accompagne sur le chemin deux voyageurs égarés.
On veut le cerner dans le filet des mots:
il se pose sur le sourire des enfants.
Stan Rougier
Catégories: Lu ailleurs | 12/07/2012