“A tous… répétons… Dieu vient. Et dans notre voix passe, en ce moment passe quelque chose de nouveau. Une telle affirmation, à chaque minute au long de l’année, nous pouvons la faire nôtre.
Mais voici que nous sommes tous saisis, interpellés par la proximité de Noël, voici que nous prenons une conscience plus vive de la descente de Dieu au sein de la destinée humaine.
Si le grand écrivain et romancier, Julien Green a pu dire d’une assemblée eucharistique: “tout le monde croyait… mais personne ne criait d’étonnement, de bonheur ou d’effroi”, en ce temps de l’Avent, nous ne pouvons ne pas crier aux autres, sans effroi, et avec plus que de l’étonnement, avec l’émerveillement d’un bonheur tout neuf: Dieu vient.
Dieu vient parce Dieu commence toujours. Dans de nos vies, l’initiative lui appartient… le Seigneur “se tient à la porte et il frappe” (cf Ap 3,20). Plutôt que de le chercher, il nous est demandé d’ouvrir cette porte qui sépare le visible de l’invisible, pour identifier alors Jésus comme le Maître de la vie, pour l’identifier ou plus pour le reconnaître.” (Père A.M Carré op “Demeurez en ma Parole – Ed Cerf 1980)
L’année liturgique ou le déploiement du Mystère du Christ
L’Eglise “déploie tout le mystère du Christ pendant le cycle de l’année, de l’incarnation et la Nativité jusqu’à l’Ascension, jusqu’au jour de la Pentecôte, et jusqu’à l’attente de la bienheureuse espérance et de l’avènement du Seigneur.”
L’année liturgique commence
le 1er dimanche de l’Avent,
elle s’achève
avec le dimanche du Christ roi.
“Tout en célébrant ainsi les mystères de la rédemption, elle ouvre aux fidèles les richesses des vertus et des mérites de son Seigneur; de la sorte, ces mystères sont en quelque manière rendus présents tout au long du temps, les fidèles sont mis en contact avec eux et remplis par la grâce du salut.” (Vat II – Sacrosanctum Concilium, 102).
Elle déploie sur une année,
ce que nous affirmons à chaque célébration eucharistique :
“Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus,
nous célébrons ta résurrection
nous attendons ta venue dans la gloire.”
“Tenez-vous donc prêts, vous aussi: c’est l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.”
C’est pour tenir dans la vigilance que “le dernier jour nous est caché afin que l’on garde chaque jour.” (St Augustin).
“Le chrétien ignore et ignorera toujours le jour du jugement et c’est pourquoi il est fidèle chaque jour; il craint toujours, parce que toujours il espère.” (Tertullien)
Qu’est-ce qu’être vigilant?
“Celui-là veille qui tient toujours ses yeux ouverts à la véritable lumière, celle qui vient de Dieu. Celui-là veille qui dans tous ses actes agit conformément à sa foi. Chacun de ses actes devient une oeuvre de lumière. ” (St Grégoire).
Celui qui veille en attendant son Maître qui est le Christ, ne veille pas seul. Il veille assisté par la Sagesse éternelle selon sa promesse: “Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte. Ne plus penser qu’à elle prouve un parfait jugement,et celui qui veille en son honneur sera bientôt délivré du souci.” (Sg 6,14-15)
Grande est notre joie d’attendre le Seigneur
et de savoir qu’il est avec nous!
Durant le temps de l’Avent, les églises du Secteur seront ouvertes les mercredi après-midi, de 17 à 18h pour permettre un temps de prière, personnel ou communautaire.
La prière nocturne, attente du Maître dans la nuit, est présence à l’humanité encore plongée dans les ténèbres ; elle nous appelle à être ces veilleurs qui implorent le retour du Seigneur et espèrent l’aurore du jour nouveau. (Const. 189)
L’incarnation du Fils de Dieu est l’événement par lequel l’histoire du Salut atteint son sommet. Jésus est le Logos éternel en tant qu’il apporte la connaissance la plus accomplie et la plus parfaite de Dieu.
Il est la Parole du Père «incarnée» dans notre langage humain. Il est la lumière sur notre route, la lampe de nos pas, l’aliment dont nous ne devons nous nourrir pour vivre dans la fidélité et traduire dans tous nos actes « la bonté de Dieu qui sauve le monde » (Odon de Cluny).
Notre Fondateur insiste sur le mystère de l’Incarnation et à travers les Textes scripturaires, il nous invite à apprendre de Jésus à faire le bien par nos actes comme par nos paroles. Le Seigneur est venu, Il vient, Il viendrapour nous libérer de tout ce qui entrave notre marche en avant vers la pleine communion.
Entrons ensemble dans le temps de l’Avent, le temps du grand désir. Le Verbe divin vient habiter notre parole humaine, reflet de notre cœur. Il est proche. Veillons et gardons nos lampes allumées au feu de la foi, de l’espérance et de la charité.
« Heureuse et mille fois heureuse, la Sœur de la Sainte-Famille
qui restera fidèle au plus petit de ses devoirs !
Paix sur la terre et bonheur éternel dans le ciel, tel sera son partage. »
(P.B Noailles)
Si vous la possédez, vous êtes à envier.
Elle est là dans votre cœur. Elle y fait sa demeure
Sur votre visage elle transparaît.
Dans vos yeux elle apparait.
Douce et éclatante, déguisée et amusante,
elle vous permet d’aimer avec toute sincérité
et de donner du bonheur au fil des heures
sans jamais faillir avec beaucoup de plaisir.
Elle vous enlève toute méchanceté
en vous donnant de la sensibilité.
J’aimerais imaginer que l’on puisse la partager.
Comme le monde serait plus joli !
Ne pensez vous pas mes amies (is) ?
“Un mourant voit Jésus Jésus mourant et il lui demande la vie;
un crucifié voit Jésus crucifié, et il parle de son royaume; ses yeux n’aperçoivent que des croix et sa foi ne lui représente qu’un trône.
Quelle foi et quelle espérance! Et dans le temps que tout le monde condamne Jésus et que même les siens l’abandonnent.” (Bossuet)
“Sa foi a commencé à fleurir quand la foi des apôtres s’est flétrie; elle a fleuri de l’arbre de la croix. Les Apôtres ont perdu toute espérance en Jésus qu’ils voient voient mourir; cet homme espère en Jésus qui meurt avec lui. Les Apôtres ont fui loin de celui qui est la source de vie, celui-ci adresse sa prière à son compagnon de supplice.
Il est le vrai martyr du Christ, celui qui croit dans le Christ, quand défaillent ceux qui doivent être les martyrs du Christ. Avec quelle foi, quelle espérance et quel amour il subirait la mort pour le Christ vivant celui qui a cherché la vie dans le Christ mourant!” (St Augustin)
“Là où est le Christ, là est la vie, là est le vrai royaume” St Ambroise
Il y avait une fois un roi sage, riche, puissant, grand entre tous les rois de la terre. Il avait régné cinquante ans avec gloire, rien n’avait manqué à sa prospérité; et cependant il se prit un jour à dire à ses enfants: “J’ai regardé ma vie, j’ai compté mes jours heureux, et je n’en ai compté que quatorze. O vanité des vanités!”
Après une pause, le Pélerin ajouta:
Il y avait une fois un homme juste qui n’avait ni richesses, ni puissance, ni grandeur, ni rien de ce qu’on appelle les jouissances de la vie. Il avait travaillé quarante ans, avait supporté bien des misères, traversé de mauvais moments et il dit une fois à ses enfants : « J’ai regardé ma vie, j’ai trouvé quelques jours tristes, et je n’ai pu compter les jours heureux : ils dépassé le nombre de mille. O bonheur de la vertu ! »
Le roi sage avait reçu à sa naissance trois présents : la puissance, la richesse et la gloire. Il domina les peuples, il disposa de trésors immenses, il fut loué et honoré sur la terre, puis il mourut et son nom fut inscrit sur le marbre.
L’homme justereçut au berceau trois perles précieuses qui étaient tombées du ciel. La première devait l’éclairer et le guider, la seconde devait le consoler et le soutenir, la troisième devait animer toutes ses actions et lui faire trouver partout l’amour et le bonheur. Ces perles se nommaient Foi, Espérance et Charité.
L’homme juste les porta toujours dans sa main, et avec leur secours il traversa les épreuves de la vie, et supporta la pauvreté, le travail et la souffrance. Puis il mourut et son nom fut inscrit par les Anges sur un livre éternel.
Le roi sage reçut un vaste empire à gouverner, de magnifiques palais, de superbes demeures, beaucoup d’enfants, des serviteurs et des vassaux. Après sa mort, son royaume fut divisé et ses plais détruits ; ses fils et ses vassaux oublièrent sa mémoire. Aujourd’hui, on ne connaît plus ses enfants ni ses richesses, son nom seul est inscrit sur le marbre.
L’homme juste qui n’avait ni richesse, ni puissance afait le bien en traversant la vie. Depuis sa mort, sa postérité s’est accrue, sa demeure s’est embellie, elle est devenue un temple et son nom répété par les Anges, a été écrit dans le ciel, et sera béni d’âge en âge. Le roi sage a passé en laissant à la muse de l’histoire le soin d’écrire son nom sur le marbre.
L’homme sage a passé sans s’occuper de sa propre gloire ; il a regardé le ciel et il a dit : « Béni soit le Seigneur ! »
Louons l’homme juste ; il est au-dessus du roi sage. Tout passe, enfants, le printemps, la jeunesse et les fleurs, les mauvais jours, les chagrins, les douleurs ; tout passe, enfants.
“On portera la main sur vous, et on vous persécutera… à cause de mon nom” (Luc 21,13)
“Pendant que leurs ennemis s’acharneront contre leurs corps, dans leur patience, ils garderont leur âme et la sauveront pour la vie éternelle.”
“C’est la cause pour laquelle on souffre et non ce que l’on souffre qui fait le martyr.” (Théophylacte)
“C’est par votre persévérance, que vous obtiendrez la vie.” (Luc 21,19)
“Celui qui sait persévérer dans l’adversité, celui-là est fort contre tous ses ennemis, et il sait vaincre et se dominer lui-même. Qu’est-ce que posséder son âme, si ce n’est se conduire sagement en tout, et depuis la citadelle de la vertu, commander à tous les mouvements qui se font en soi?”
“Devant les hommes, la persévérance supporte ses ennemis mais devant Dieu, elle va jusqu’à les aimer. Le seul sacrifice que Dieu accepte est celui qui lui est offert dans la flamme de la charité.”(St Grégoire)
Dans les difficultés quotidiennes
“La persévérance est donc possible et elle est une des formes de la force et l’on peut ajouter une des formes les plus parfaites. C’est la force qui sait regarder en avant,la force qui sait résister aux difficultés quotidiennes, et à la plus grande, peut-être de toutes, à la monotonie.” (St Thomas d’Aquin)