Lu ailleurs
L’Eglise nous la sommes tous, l’Eglise, vous l’êtes… L’Eglise n’est pas cléricale, ou du moins elle ne doit pas l’être… Elle est aussi bien le fait d’un petit enfant dans son berceau, d’un ouvrier sur son chantier, d’un professeur dans sa chaire, d’une mère de famille à son foyer, que l’œuvre du pape et des évêques et des pasteurs.
C’est toujours et uniquement à ce titre de sacrement que, tous, nous sommes chrétiens. Nous avons donc tous la même mission qui nous engage tout entiers et qui nous demande de faire de notre vie, à chaque instant, une donation de nous-mêmes à Jésus-Christ qui sera, du même coup, une donation de Jésus-Christ à tous nos frères humains…
L’Eglise a besoin de nous, elle a besoin de vous, elle a besoin surtout de notre conversion, elle a besoin de notre sanctification, elle a besoin de notre union intense avec le Christ.
L’Eglise n’existe pas pour autre chose, elle n’existe qu’en étant Jésus, elle n’existe qu’en poursuivant l’Incarnation, en lui donnant un visage à travers notre visage. Il s’agit donc, pour nous, de voir dans le mystère de l’Eglise une mission qui nous est confiée, une mission qui nous engage à fond, qui nous engage toujours et partout, mais au prix de nous-mêmes, sans aucune espèce de prosélytisme, une mission de silence où l’on n’apporte aux autres rien de moins qu’une Présence infinie qui les accueille sans leur demander leur nom et leur origine, qui les accueille simplement au nom de leur humanité.
L’Eglise n’a pas d’autre témoignage à porter, mais celui-ci est essentiel puisque lui seul peut accréditer la Présence réelle du Seigneur parmi nous et au-dedans de nous et continuer ce grand rassemblement que le Christ, en tant que second Adam, veut opérer en faisant de tous les hommes une seule vie et une seule personne…
M.ZUNDEL
Au miroir de l’Evangile p: 96-98 – Ed A.Sigier

L’Eglise est une mère, elle engendre des enfants avec la force du dépôt de la foi. Elle est « dépositaire de la Bonne Nouvelle à annoncer. Les promesses de l’Alliance Nouvelle en Jésus-Christ, l’enseignement du Seigneur et des Apôtres, la Parole de Vie, les sources de la grâce et de la bénignité de Dieu, le chemin du salut, tout cela lui a été confié. Un trésor qu’elle garde comme un dépôt vivant et précieux, non pour le tenir caché mais pour le communiquer » (EN 15)* c’est-à-dire pour donner naissance.
Elle engendre ses enfants dans une fidélité continue à son Epoux, puis les envoie « prêcher non leurs propres personnes ou leurs idées personnelles, mais un Evangile dont ni eux ni elles ne sont les maîtres et propriétaires absolus pour ne disposer à leur gré, mais ils sont ministres pour le transmettre avec une extrême fidélité. »(ibid). Sa loyauté fidèle à son Epoux par excellence nous éduque à une fertilité fidèle. ;;
Il nous faut aimer le mystère de la fécondité de ‘Eglise comme on aime le mystère de Marie, Vierge et Mère. A la lumière de cet amour, aimons le mystère de notre état de serviteurs inutiles, avec l’espérance que le Seigneur nous adresse cette parole : « Bon et fidèle serviteur… »
L’amour discret nous aide à grandir en ayant « pleinement conscience d’appartenir à une grande communauté que ni l’espace ni le temps ne sauraient limiter » (EN 61) Ce sentiment d’appartenance nous fait comprendre la mission pour laquelle nous sommes envoyés, la mission d’évangéliser :
Evangéliser n’est pour personne un acte individuel et isolé
mais c’est un acte profondément ecclésial…
(EN 60)
*Exhortation apostolique de Paul VI Evangelii nuntiandi
JM Bergoglio – Pape François
Amour, Service et humilité p :138-140 – Ed Magnificat

Le sens de la prière :
Focaliser notre regard sur Dieu, sur Dieu en nous, sur Dieu dans les autres, sur Dieu dans l’univers, sur Dieu dans la connaissance, sur Dieu dans l’art, sur Dieu dans l’amour, sur Dieu dans le corps, sur Dieu en toutes les réalités… car toute réalité chantera – comme dit Patmore – et rien d’autre ne chantera…
C’est parce que la vie est sacrée qu’elle s’ouvre spontanément sur la prière lorsqu’on arrive à cette attention d’amour qui, tout d’un coup, découvre, au cœur de l’existence, cette présence adorable de Dieu qui seule passionne, qui seule intéresse.
Au fond, le seul qui soit passionnant, c’est Dieu. La seule Présence sans laquelle on ne peut vivre, c’est la sienne. Toutes les autres présences découlent de celle-là. L’homme ne devient présent que lorsqu’il est une offrande, un présent, un cadeau, comme Dieu lui-même.
C’est la grâce suprême que nous avons à implorer, cette attention d’amour qui nous maintient en face du visage unique. C’est à cela que tout doit être subordonné : un effort de recueillement, un effort d’union, un effort de silence intérieur.
Si nous vivons à une certaine profondeur de silence, le dialogue s’amorce et jaillit spontanément à l’égard de cette Présence qui est au cœur du silence. Dieu ne fait pas de bruit, ce n’est jamais lui qui nous contraindra : c’est notre attention qui percevra cette musique silencieuse.
M.Zundel
“Au miroir de l’Evangle “– Textes choisis et présentés par le Père G.Géraud – Es Anne Sigier


“Celui qui laboure