
“Le nom de prochain est un nom de relation dit St Augustin et nous ne pouvons être proche que de quelqu’un qui est proche de nous.” “Et ce qui nous rapproche le plus, ce n’est pas la parenté, mais la miséricorde.” (St Ambroise).
C’est la voie que Jésus-Christ a suivie pour nous rapprocher de lui. Une immense compassion l’a amené vers nous et l’a porté à prendre soin de nous. Nous sommes devenus ses proches.
“Les deux deniers sont les deux Testaments qui portent en eux l’empreinte du Roi éternel dont la vertu guérit nos blessures… ” (St Augustin). “Heureux cet hôtelier à qui est confié ce ministère de dévouement…. On ne devient proche de qui que ce soit qu’en pratiquant envers lui la miséricorde du Christ.” (St Ambroise)
Catégories: Méditations | 11/07/2010
Les trois portes de la sagesse
(Texte de Charles Brulhart)
Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.
– “Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie“, demanda le Prince.
– “Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.”
Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire “CHANGE LE MONDE“.
– “C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas.” Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent. Bien des années passèrent.
Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :
– “Qu’as-tu appris sur le chemin ? ”
– “J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas”.
“C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise.” Et il disparut.
Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire “CHANGE LES AUTRES“.
– “C’était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration.” Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Bien des années passèrent.
Un jour, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :
– “Qu’as-tu appris sur le chemin ?”
– “J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses.”
– ” Tu as raison, dit le Sage. Parce qu’ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Sois reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir.” Et le Vieil Homme disparut.
Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots “CHANGE-TOI TOI-MÊME“.
– “Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire,” se dit-il.
Et il entama son 3ème combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelques succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :
– “Qu’as-tu appris sur le chemin ?”
– “J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser.”
– “C’est bien,” dit le Sage.
– “Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise.”
– “C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru.” Et il disparut.
Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait “ACCEPTE-TOI TOI-MEME.”
Catégories: Lu ailleurs | 9/07/2010
« Une terre de blé et d’orge. »
(Deut.8,8)
Les céréales étaient présentées en offrande au temple de Jérusalem (Jér 41.5). Le blé et l’orge étaient considérés comme le bien le plus précieux : « Je l’achetai (il s’agit de l’épouse infidèle) donc pour quinze sicles d’argent et un muid et demi d’orge » (Os 3,2).
L’orge mûrit très tôt. Avant la fête de la Pâque (Pessah) et bien avant le blé. La Torah ordonne d’apporter, le deuxième jour de la fête de la Pâque, une offrande à base d’orge. Cette offrande déclenchait le compte du Omer (49 jours jusqu’à la fête de Pentecôte (Chavouote) et permettait la consommation de la nouvelle récolte. Il était interdit de consommer l’orge avant que la première gerbe soit apportée au Temple.
Aujourd’hui encore , « le compte de Omer » se déroule entre l’offrande de la première gerbe d’orge à Pâque et celle des produits du blé à la Pentecôte.
Le blé, cité 30 fois dans la Bible hébraïque, est la première des espèces qui chante l’éloge de la terre d’Israël. Un jour, ses épis de froment seront, destinés à l’Eucharistie et deviendront le Corps du Christ.
Catégories: Le jardin de la Bible | 7/07/2010
Il les envoya deux par deux … C’était un usage déjà très ancien d’aller deux par deux pour les missions importantes. Origène écrit:
“Dieu avait envoyé Moïse et Aaron pour tirer Israël de la servitude: Josué et Caleb avaient uni leurs efforts pour apaiser le peuple soulevé par les rapports des espion. Aussi l’Ecriture a dit: Le frère qui est aidé par un autre frère est comme une cité munie de retranchements (Prov 18,1)”
Les disciples allaient travailler au règne de la charité, et ils devaient y travailler par leur exemple:
“La charité a deux commandements, l’amour de Dieu et l’amour du prochain, et la charité ne peut s’exercer qu’entre deux. Notre Seigneur nous fait donc entendre qu’on ne doit pas entreprendre le ministère de la prédication sans une grande charité.” (St Grégoire)
Il les envoya devant lui… “Ce fait contient pour nous une leçon: la prédication doit précéder pour nous la venue du Sauveur, les paroles des Apôtres se font entendre, puis le Sauveur vient habiter avec sa vérité dans le sanctuaire de notre âme… C’est à tous les prédicateurs qu’Isaïe fait entendre cette parole: Préparez la voie du Seigneur.” (St Grégoire)
Catégories: Méditations | 4/07/2010
UNE THÉOLOGIE DE L’EMPATHIE développée à partir du tronc commun de la tradition judéo-chrétienne par M. le Rabbin Arthur Green à l’Assemblée Plénière de l’Union internationale des supérieures majeures – Mai 2010
“La seule valeur du monothéisme est de vous faire comprendre que tout ce qui existe, y compris toutes les créatures – et cela veut dire le rocher, le brin d’herbe dans votre jardin, tout comme votre lézard favori et votre voisin d’à-côté – ont tous la même origine. Vous venez du même endroit. Vous avez été créés dans le même acte d’amour. Dieu tire ses délices de chaque forme qui émerge et lui confère sa grâce. C’est pourquoi, – et ceci est la manière de rendre, la seule qui compte vraiment : Traitez-les toutes comme telles! Elles sont toutes des créatures de Dieu : elles n’existent qu’en raison de la présence divine, celle-là même qui vous fait exister. Le réaliser vous appelle à apprendre à les connaître. Apprenez à les aimer ! Découvrez l’unique don de Dieu en chacun d’eux ! Vivez dans l’admiration devant la lumière divine répandue partout sur la terre. Voilà ce que cela signifie être une personne religieuse.”
Lire la conférence de M. le Rabbin Arthur Green
Catégories: Lu ailleurs | 2/07/2010
Cet ancien pavillon de chasse fut habité par le Père Noailles Noailles pendant ses séjours à Martillac. C’est là qu’il a rédigé les Règles de l’Association. Il y a vécu des moments de solitude, de prière, et de longues heures de prière et de travail.
En 1856, quatre sœurs et deux jeunes filles s’installent dans ces lieux: c’est la première communauté des Sœurs Agricoles.
La jolie statue de la vierge, qui est reproduite dans la grotte de l’Ile, est depuis lors appelée Notre Dame des Agricoles.

Catégories: Zoom sur la Solitude | 1/07/2010
LES 4 SAISONS
JeanLuc Mercereau
Introduction
Les saisons de la nature nous permettent de mieux comprendre notre vie spirituelle parce que la nature est l’image de Dieu. Pascal a dit : « La nature a des perfections pour montrer qu’elle est l’image de Dieu et des défauts pour montrer qu’elle n’en est que l’image. »
Ecc 3:1 “Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux:
2 un temps pour naître, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté”
Gen 8:22 “Tant que la terre subsistera, les semailles et la moisson, le froid et la chaleur, l’été et l’hiver, le jour et la nuit ne cesseront point.”
Ps 1 :1 “Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs, et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs,
2 Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, et qui la médite jour et nuit!
3 Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point: Tout ce qu’il fait lui réussit.”
En sa saison, donc pas tout de suite… La fin de ce passage biblique nous indique que Dieu lui même compare les étapes de la vie de l’homme avec les saisons.
Si dans la nature les plantes évoluent en même temps, selon la saison, il n’en est pas de même pour chaque chrétien qui peut se trouver à des saisons différentes de sa vie spirituelle. C’est important de tenir compte de cette différence pour mieux nous comprendre.
Cette réflexion sur les saisons de la vie peut se comprendre de 2 manières :
‐ Si nous nous comparons à une plante annuelle semée au printemps et mourant à l’hiver, les saisons représentent le cheminement de la jeunesse à la mort. (en 4 étapes)
‐ Si nous nous comparons à un arbre, les saisons représentent des étapes qui se succèdent et reviennent régulièrement au cours de la vie, c’est plutôt le sens de ce message, inspiré, pour une partie, par la lecture du livre « Dans la vigne de mon père » de L. Jacobsen…
Lire la suite : LES 4 SAISONS
Catégories: Lu ailleurs | 1/07/2010
C’est à partir des fruits de l’olivier que l’on faisait l’huile utilisée pour allumer les lampes du chandelier (Menorah) du Temple de Jérusalem appelé en hébreu car elle brûle avec la flamme la plus claire et la plus régulière.
Le Grand-prêtre avait pour mission de maintenir la Ménorah en huile d’olive pure et de l’allumer chaque jour : « Tu ordonneras aux enfants d’Israël de t’apporter pour le chandelier de l’huile pure d’olives concassées, afin d’entretenir les lampes continuellement » (Ex 27,20
L’huile d’olive était aussi utilisée pour les rites de consécration du Grand-Prêtre et des objets du culte et pour l’onction d’investiture royale. « Il versa de l’huile d’onction sur la tête d’Aaron, et l’oignit pour le consacrer » (Lv 8.12)
« L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres…» (Lc 4,18). L’huile nous est nécessaire aussi selon les évangélistes, pour maintenir nos lampes allumées et demeurer dans l’attente de la venue du Seigneur. (Mt 25,1 ss)
Un commentaire antique explique que la feuille d’olivier était « une lumière pour le monde ». La lumière a toujours été associée à l’idée de paix tout comme les ténèbres sont liées à l’idée de guerre et de destruction.
L’olivier est un symbole de la lumière dans le récit de l’Arche de Noé lorsque la colombe rapporte dans son bec une branche d’olivier : “La colombe revint à lui sur le soir; et voici, une feuille d’olivier arrachée était dans son bec. Noé connut ainsi que les eaux avaient diminué sur la terre.” (Gn 8,11)
La Ménorah et l’olivier figurent comme symboles de paix dans une vision de Zacharie :”L’ange qui parlait avec moi revint, et il me réveilla comme un homme que l’on réveille de son sommeil. Il me dit: Que vois-tu? Je répondis: Je regarde, et voici, il y a un chandelier tout d’or, surmonté d’un vase et portant sept lampes, avec sept conduits pour les lampes qui sont au sommet du chandelier et il y a près de lui deux oliviers, l’un à la droite du vase, et l’autre à sa gauche. “(Za 4.1-3)
Catégories: Le jardin de la Bible | 30/06/2010
Avec Pierre Bienvenu Noailles (1793-1861)

« Ô mon Jésus, faites-moi bien comprendre les avantages de ma vocation ! Je sais que vous demandez que je vous suive ; mais par quelle voie, désirez-vous que j’aille à vous ? »
Pierre-Bienvenu Noailles était un jeune homme intelligent et doué. Plusieurs carrières s’offraient à lui dans la société de son époque. Il en essaya quelques-unes unes mais sans satisfaction. Finalement, il partit à Paris afin d’y étudier le droit. Pourtant l’orientation de sa vie changea radicalement lorsqu’il entendit l’appel de Dieu. Il prit la décision ultime en l’église saint Sulpice à Paris, au pied de la Vierge. Sa décision fut radicale. Il abandonna tous les autres plans pour aller là où Dieu le guidait. Quelques jours plus tard, il entrait au séminaire saint Sulpice, première étape d’un long cheminement, d’une véritable aventure de foi.
“O abîme d’amour !… Jésus ! Comment ne pas vous aimer ? Prenez ce cœur puisque vous le voulez ; je vous le donne ; faites-en tout ce que vous voudrez ; enflammez-le donc de votre amour, qu’il brûle, qu’il ne respire plus que pour vous.” (Notes de retraite Issy 1818)
Alors qu’il était encore au séminaire, le Père Noailles a éprouvé un amour tout particulier pour la Sainte Famille. Pour lui, la Sainte Famille était la douce image de la Sainte Trinité. Dans la contemplation de la Sainte Famille, ”douce image de la Trinité”, il a réalisé la synthèse de son expérience spirituelle. Il a découvert sa ligne directrice, son identité spirituelle : “Chercher Dieu Seul en toutes choses comme Jésus, Marie et Joseph”. On peut affirmer que Dieu seul a été la lumière de sa vie, la force de son amour et de son don de lui-même, le dynamisme de son action apostolique, de son chemin de sainteté.
” O Sauveur Jésus… Je sens que le chemin de l’amour, que la route du ciel n’est autre chose que le détachement de toutes choses, et que plus on est pauvre, plus on est heureux, même dès cette vie, par ce que le vrai bonheur ne réside qu’en vous seul.” (Note de retraite Libourne 1823)
Sa Foi au Christ Jésus était sa respiration ; « étendre et fortifier la foi » au cœur de toute humanité, son désir ardent. Pierre-Bienvenu Noailles avait une grande estime pour le sacerdoce. Il envisageait la vocation sacerdotale comme un réel chemin de sainteté à la suite du Christ. Il écrit à son frère Amand séminariste à Bordeaux:
“Mon cher frère, soyons de saints séminaristes pour être un jour de saints prêtres.“
L’obéissance à ses supérieurs est une des caractéristiques de sa vie de prêtre. Il arriva à la paroisse sainte Eulalie avec beaucoup d’enthousiasme et s’adonna entièrement à toutes sortes de tâches. Là où il voyait un besoin, il trouvait toujours une réponse. S’il ne pouvait pas y répondre seul, il savait comment le faire avec d’autres et grâce à eux. Le Père Noailles aimait beaucoup travailler avec les laïcs et il reconnaissait le rôle essentiel et irremplaçable qu’ils pouvaient jouer dans le travail d’évangélisation.
« Il faut toujours prier. Oui, l’âme doit toujours prier, non seulement pour demander, remercier, louer mais pour vivre.” (Instruction sur la prière)
Le Père Noailles servait Dieu avec un coeur entièrement donné à Dieu. L’esprit de Dieu Seul et l’esprit de communion donnaient sens à tout ce qu’il vivait, faisait et proposait aux autres. Cela faisait de lui un homme de communion, un homme de relations. La prière remplissait toute sa vie et toute sa vie était prière. La Parole de Dieu tenait une grande place dans sa vie.
“La parole de Dieu est une semence ; pour produire du fruit, il faut qu’elle soit méditée dans le silence.” (Méditation d’une retraite)
Catégories: Infos Solitude | 29/06/2010
La primauté de Pierre selon le Nouveau Testament
par le Professeur Jean Galot S.J., Rome
“Pour un des douze, l’imposition d’un nouveau nom eut une grande importance et fut rapportée de manière plus particulière : Simon reçut le nom de Pierre...
Ce nouveau nom fut donné à Simon en réponse à une profession de foi. Après avoir posé la question : ” Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? “, Jésus s’était adressé à ses disciples : ” Mais pour vous qui suis-je “. Selon le témoignage de Matthieu, Simon avait répondu : ” Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ” (Mt 16,13-16).
Pour comprendre plus exactement la portée des questions et le sens de la réponse, il faut tenir compte de leur moment liturgique. La date de ce dialogue n’est pas expressément indiquée, mais nous pouvons la déterminer. Selon les évangiles de Marc (9,2) et de Matthieu (17,l), la Transfiguration eut lieu ” six jours plus tard “. Or elle apparaît comme un nouvel accomplissement, propre à Jésus, de la fête des Tentes. Cette fête était précédée, avec un intervalle de cinq jours, par la fête de l’Expiation (Yora Kippur). C’était donc cette fête de l’Expiation qui avait été choisie par Jésus pour poser la question sur sa propre identité et obtenir de Simon sa profession de foi. C’était aussi la date choisie pour donner un nouveau nom à Simon et lui annoncer son destin…
En choisissant ce jour de fête, Jésus désire que soit prononcé le nom divin dans la nouvelle perspective dans laquelle la liturgie de l’Ancienne Alliance trouvera son accomplissement. En le proclamant Fils du Dieu vivant, Simon répond à ce désir. Il prononce le nouveau nom divin, celui que Jésus a amplement révélé par son enseignement et par ses œuvres. Sans le savoir, Simon remplit le rôle du Grand Prêtre qui, durant la fête de l’Expiation, proclamait le nom de Dieu ; il le fait en exprimant sa foi dans le Fils de Dieu, un Fils qui est Dieu…”
Catégories: Ecritures et Tradition rabbinique, Lu ailleurs | 29/06/2010