Nada te turbe
« Que rien ne te trouble
Que rien ne t’épouvante
Tout passe
Dieu ne change pas
La patience triomphe de tout
Celui qui possède Dieu
Ne manque de rien.
Dieu seul suffit. »
Sainte Thérèse d’Avila
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« Que rien ne te trouble
Que rien ne t’épouvante
Tout passe
Dieu ne change pas
La patience triomphe de tout
Celui qui possède Dieu
Ne manque de rien.
Dieu seul suffit. »
Sainte Thérèse d’Avila
“Tous les dix n’ont-ils pas été guéris? Où sont les neuf autres? Ne s’est-il trouvé que cet étranger pour revenir et donner gloire à Dieu.” (Luc 17, 17-18)
Jésus s’étonne de ce que, seul, cet étranger lui ait rendu grâces : “Où sont les neuf autres ? ”
Ils ont continué leur chemin, heureux certes de leur guérison, mais oubliant de dire à Jésus ce simple mot: merci. Ils ont négligé de rendre gloire et de rendre grâces, d’adorer et de remercier Dieu pour tout le bienfait de la guérison reçu de Lui.
“L’ingratitude est meurtrière, elle est l’ennemie de la grâce, l’ennemie du salut… Elle est l’ennemie de l’âme, la ruine des mérites, la destruction des vertus, l’obstacle aux bienfaits. Elle est un vent brûlant, qui dessèche la source de la bonté, la rosée de la miséricorde, les fleuves de la grâce.” (St Bernard)
“Apprenez donc à rendre grâces à Dieu, et à n’être pas, dans cette oeuvre, lent ou lâche: apprenez à rendre grâce pour tous les dons reçus.” (St Bernard)
Le dixième lépreux, Samaritain, pénétré du sentiment de son indignité et de la gratuité du don reçu, éprouve le besoin de témoigner à Jésus sa gratitude. Il glorifie Dieu à haute voix, en rendant grâces. Et Jésus lui dit: “ta foi t’a sauvé”
“Dieu veut, dit St Jean Chrysostôme, que nous ayons de la reconnaissance à cause de nous plus encore qu’à cause de lui” car “le souvenir des bienfaits reçus est une excellente préparation à toute vertu. Il nous est une sauvegarde contre la tiédeur et la rechute dans le péché.”
Que fait-on pour qu’un jeune arbre pousse haut et fort ? Que fait-on pour qu’un arbre donne de beaux fruits en abondance ?
On arrose et on nourrit les racines. Sot serait celui qui irait de branche en branche, prodiguant ses soins à chaque feuille, à chaque bourgeon, à chaque fruit.
Dans la vie d’un être humain comme dans le fonctionnement d’une société, les racines – ce qui plonge dans les profondeurs de la vie et permet la saine croissance de l’organisme tout entier –, c’est la spiritualité.
La spiritualité, c’est la connexion avec les forces de vie en nous, c’est ce qui donne puissance et justesse, ce qui donne la sagesse.
Cette sagesse est, à l’évidence, indispensable aux responsables et dirigeants. Mais également, en démocratie, ceux-ci ne peuvent rien faire sans une adhésion générale, et celle-ci demande toujours à chacun un minimum de désintéressement personnel et une conviction de la justesse des mesures, c’est-à-dire un peu de sagesse.
Le grand chantier à ouvrir aujourd’hui est un soutien à l’éducation à la sagesse. Écologistes, économistes, altermondialistes, tiers-mondistes, réformateurs sociaux n’aboutiront jamais s’ils oublient… d’arroser les racines. Alain Chevillat
“… sache que ce n’est pas toi qui portes la racine,
mais que c’est la racine qui te porte.”
Romains 11,18
ECHOS DE JERUSALEM PAR Sr LORETTE
Ici, il fait à peine moins chaud qu’au mois d’Août et les sorties bibliques et archéologiques dans Jérusalem et ailleurs sous un cagnard pas possible ont été éprouvantes pour moi. Un vent chaud du désert grille tout sur son passage. J’attends avec impatience des journées plus clémentes.
Voilà ! Pour moi la 3° session autour des fêtes d’automne est terminée. De nouveau j’ai déménagé à St Pierre de Gallicante, chez les Assomptionnistes. Enfin je peux dormir toute la nuit ! En réalité depuis deux jours je fais la sieste la matinée et l’après midi…J’ai beaucoup à récupérer…. Je suis en train de m’organiser pour ne pas dormir toute la journée et profiter au mieux du temps qui me reste jusqu’au 20 Octobre date de mon retour.
A Ecce Homo le muezzin dès 4H du matin me compresse les cervelles, un coq se fait les cordes vocales dès le lever du jour, mais en fait il est complètement déréglé et ça peux le prendre en pleine nuit. Une chatte amoureuse miaule toute la nuit sur les terrasses, et les jeunes (parfois de très jeunes) jouent au chat et à la souris avec l’armée une partie de la nuit. Les ruelles, les rues en escaliers qui entourent Ecce Homo sont leur terrain de jeux depuis toujours….Ils s’amusent à canarder la police et dès qu’ils sont hors de portée, ils s’injurient copieusement… pas besoin de traduction tout le monde devine les mots doux qu’ils échangent !…Des fenêtres ou des terrasses d’Ecce Homo, nous sommes aux premières loges pour suivre les échauffourées qui un jour finiront par mal tourner. Ces derniers jours l’armée campait aux portes d’Ecce Homo pour mieux coincer les jeunes. Nous étions bien gardés ! Mais cette atmosphère n’est pas très agréable.
En réalité depuis la fin du Ramadan et les fêtes juives de Sukkot, beaucoup de monde se retrouve à Jérusalem… La ville est archi pleine de touristes de toutes origines et de pèlerins. Tous défilent dans les rues, les uns pour le shopping, les autres pour le chemin de croix…Ces mondes là s’entrecroisent, c’est vraiment le carrefour des nations. Il y a eu les pèlerins du Ramadan, et tous ces jours passés c’était les fêtes de Sukkot. Beaucoup de juifs accomplissent leur pèlerinage à Jérusalem en famille. Pour la clôture des fêtes de Sukkot, la nuit du 8° jour, le mur était noir de monde, on chante, on danse des palmes à la main selon un rite un peu complexe à raconter…mais c’est la joie. Toute la semaine on a vu fleurir sur les balcons et jusque dans les rues des “sukka”….cabanes de tout gabarit. En raison de cette affluence l’armée se fait discrète, mais elle est présente et veille au grain.
L’atmosphère s’est brusquement dégradée avec la mort d’un jeune palestinien par un vigile juif, suite à des provocations, dans le quartier de Siloé, juste en dessous de Saint Pierre en Gallicante. Ses obsèques ont donné lieu à un rassemblement massif et des protestations contre la poursuite des colonies à Jérusalem Est, et les pourparlers de paix qui n’avancent pas…Bref l’armée était partout craignant un soulèvement d’envergure, mais les nerfs se sont un peu calmés, sauf chez les jeunes qui veulent toujours en découdre avec l’armée, d’où les cavalcades la nuit dans les escaliers et les ruelles.
Pour l’office de Rosh ha Shana et de Sukkot, nous sommes allés à la grande synagogue. C’est très beau et très touchant…lorsqu’ils sortent de l’armoire le rouleau de la torah, la vénèrent, et entonnent avec force le Shema Israël…précédé de la sonnerie du shofar.
Après trois sessions je commence à faire la synthèse. Je commence à recueillir le fruit de ces quelques mois à Jérusalem. J’aurai reçu un enseignement sur l’ensemble des fêtes juives de Pèlerinage. (Pâques, Pentecôte, Yom Kippour, Rosh ha shana Sukkot, etc.).
C’est un gros investissement que de rentrer dans une culture si différente, de connaître les lieux qui ont marqué la vie et l’enseignement de Jésus, de se pénétrer des écritures rabbiniques, même si on ne fait que les effleurer, d’apprivoiser la liturgie des grandes fêtes, la prière juive……en plus c’est tellement vaste qu’on reste toujours plus ou moins à l’extérieur, plus ou moins spectateur…. Cependant ce travail, même de première initiation, permet d’aborder la Parole de Dieu et particulièrement les Evangiles et la personne de Jésus autrement, et c’est cela qui m’intéresse … C’est assez commun de dire que Jésus était juif, mais je n’avais jamais vraiment réfléchi en profondeur ou si peu, à tout ce que ça implique. Penser que Jésus est né juif, mort juif, rejoindre Jésus Marie et Joseph dans leur tradition, çà rend l’Incarnation plus juste. Il me semble que dans ma tête je me suis fabriquée parfois un Jésus un peu catholique sur les bords!
Quand on dit que nos racines, nos sources, sont dans le judaïsme on n’a pas fini de creuser ce que ça veut dire pour notre foi. Tirer profit de l’érudition biblique Juive pour une meilleure intelligence de l’Ecriture, c’est ce que le Concile, Jean Paul II, Benoît XVI et toutes les commissions bibliques ont recommandé notamment dans la formation, mais dans la pratique il ne semble pas que ce soit considéré comme une urgence ou une nécessité….
BENOÎT XVI à Lourdes le 7 octobre 2008
Comme elle était juste l’intuition de cette belle figure spirituelle française, Dom Jean-Baptiste Chautard, qui, dans L’âme de tout apostolat, proposait au chrétien ardent de fréquentes « rencontres de regard avec la Vierge Marie » !
Oui, quêter le sourire de la Vierge Marie n’est pas un pieux enfantillage, c’est l’aspiration, dit le Psaume 44, de ceux qui sont « les plus riches du peuple » (v. 13). « Les plus riches », c’est-à-dire dans l’ordre de la foi, ceux qui ont la maturité spirituelle la plus élevée et savent précisément reconnaître leur faiblesse et leur pauvreté devant Dieu.
En cette manifestation toute simple de tendresse qu’est un sourire, nous saisissons que notre seule richesse est l’amour que Dieu nous porte et qui passe par le cœur de celle qui est devenue notre Mère.
Quêter ce sourire, c’est d’abord cueillir la gratuité de l’amour ; c’est aussi savoir provoquer ce sourire par notre effort pour vivre selon la Parole de son Fils Bien-aimé, tout comme un enfant cherche à faire naître le sourire de sa mère en faisant ce qui lui plaît. Et nous savons ce qui plaît à Marie grâce aux paroles qu’elle adressa aux serviteurs à Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira » (cf. Jn 2, 5).
Le sourire de Marie est une source d’eau vive.
La porte qui donne accès au royaume des cieux est étroite mais elle est large pour ceux qui se font petits, doux et humbles de coeur.
L’Evangile nous invite à rester l’enfant que Dieu fait de nous chaque jour.
C’est la vie d’enfance de la petite Thérèse, la « petite voie » des enfants qui s’en remettent au Père avec une « confiance audacieuse » car “c’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour”.
« Il y avait un homme riche qui se revêtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour brillante chère. Et un pauvre, nommé Lazare, gisait près de son portail, tout couvert d’ulcères. » (Lc 1, 19 ss).
Jésus dit « un homme riche ». Il n’englobe pas tous les riches « car de même que toute pauvreté n’est pas sainte, toute richesse n’est pas criminelle : c’est la jouissance effrénée qui entache la richesse et c’est la sainteté qui révèle la pauvreté » (St Ambroise).
Rien ne dit que l’homme riche était méchant ! Seulement, il n’avait jamais posé son regard sur celui qui était de l’autre côté du portail de sa maison ! Il avait tout et Lazare manquait de tout. Aujourd’hui, nous pouvons ne pas voir, nous aussi, le pauvre qui est à notre porte, celle de nos maisons, celle de nos sociétés, celle de nos pays.
« Vous avez reçu en abondance ». « Une prospérité continue doit nous inspirer la crainte plutôt que la joie… elle doit nous inspirer de la crainte parce qu’elle nous impose des devoirs, le devoir d’exercer la miséricorde” (St Grégoire) .
Les biens sont faits pour communiquer ! E.Lévinas écrit : « la relation avec autrui ne se produit pas en dehors du monde mais met le monde possédé en question… l’universalisation… est l’offre du monde à autrui. »
La parabole du pauvre Lazare et de l’homme riche nous dit que notre vie est l’espace et le temps où nous devons choisir la Vie véritable. La Parole de Dieu montre notre péché, brise notre coeur et y fait naître la repentance. Il suffisait donc à l’homme riche d’écouter Moïse et les prophètes pour savoir ce qu’il devait faire durant sa vie sur terre. Dieu n’envoie personne de l’au-delà pour se révéler à nous et nous enseigner le chemin du salut. Il nous suffit d’écouter toujours et encore la Parole de Dieu, de nous laisser convertir par elle ! Seule, elle fait naître la foi, la charité et l’espérance dans nos coeurs.
L’argent ne peut tout acheter…
Il peut acheter un lit mais pas le sommeil.
Il peut acheter une maison mais pas un foyer.
Il peut acheter de la nourriture mais pas l’appétit.
Il peut acheter des livres mais pas l’intelligence.
Il peut acheter des bijoux mais pas la beauté.
Il peut acheter des médicaments mais pas la santé.
Il peut acheter des loisirs mais pas le bonheur.
Il peut acheter un crucifix mais pas un sauveur.
Il peut acheter une chaise d’église mais pas le ciel.
(Auteur anonyme)
L’amour prend naissance, si nous donnons à manger à notre ennemi et si nous lui donnons à boire…
L’amour grandit, si tu subviens aux besoins de celui qui est dans la nécessité, si tu acceptes de prêter à qui veut t’emprunter, si tu ouvres ton âme à ton ami.
Enfin, l’amour se conserve si, par tes paroles et tes actes, tu satisfais aux désirs de ton ami, même quand ceux-ci ne paraissent pas indispensables.
L’amour encore se conserve, et même augmente, quand on fait bon visage, qu’on s’exprime avec douceur, qu’on agit avec une joie rayonnante.
De la sorte, l’amour qui s’exprime par le visage et la parole, se confirme en agissant avec bonté et joie.(St Bernard, Div 121: De Schola Dilectionis.)
Certains sont fiers de la force de leurs mains, d’autres de l’agilité de leurs pieds, d’autres de la beauté de leur visage. Tout cela passera dit le Prophète, passera comme l’herbe… Que le Sage ne se glorifie donc pas de sa sagesse, chante Jérémie. Que le fort ne se glorifie pas dans sa force, ni le riche dans ses richesses!
Quelle est donc notre gloire véritable? Que celui-là qui se glorifie, s’il sait et comprends que je suis le Seigneur. C’est là la vraie grandeur de l’homme et sa vraie gloire de connaître ce qui est grand et de s’y attacher, et d’attendre sa gloire du Dieu de gloire.
Après avoir dit que le Christ a été fait par Dieu notre Sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption, St Paul ajoute: que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur! C’est là se glorifier en Dieu et non se glorifier de sa justice que l’on sait nulle. On se glorifie d’être justifié(e) uniquement par la foi en Jésus-Christ.