Cette allée a été plantée par le Père Noailles. Quand on lui faisait remarquer que les arbres ne pousseraient vraiment qu’après sa mort, il répondait qu’il les plantait pour les filles à venir.
Dans ce paysage de Martillac, cette allée est le symbole d’une tranquille espérance pour l’avenir de l’Association de la Sainte Famille.
« Ce que j’ai appris au fil des ans, c’est que nous devons être patients, persévérants et engagés. Lorsque nous plantons des arbres, des gens me disent parfois : “je ne veux pas planter cet arbre car il ne poussera pas assez vite”. Je dois leur rappeler que les arbres qu’ils coupent aujourd’hui, ils ne les ont pas plantés. Ils ont été plantés par leurs prédécesseurs. Ils doivent donc planter aujourd’hui les arbres qui profiteront aux communautés de demain. » – Wangari Maathai
“planter aujourd’hui les arbres
qui profiteront aux communautés de demain”
Catégories: Zoom sur la Solitude | 31/05/2010
Texte de Mère Emmanuel (Rita Bonnat + 1882)

Pour être heureuse religieuse
Il faut se taire souvent, parler peu, prier beaucoup.
Il faut éviter de censurer, de contester, de contrarier.
Il faut se méfier des sympathies, des antipathies, de l’égoïsme.
Il faut oublier ce qu’on a souffert, ce qu’on a laissé, ce qu’on croit mériter.
Pour être heureuse religieuse
Il faut savoir excuser, consoler, s’effacer.
Il faut supporter avec calme les épreuves qui viennent de Dieu, des créatures ou de nous-mêmes.
Il faut aimer l’humilité, la docilité, la simplicité.
Il faut avoir la paix de l’âme, garder la paix du coeur, aspirer à la paix du Ciel.
Pour être heureuse religieuse
Il faut étouffer les jalousies, les susceptibilités, la vanité, la curiosité.
Il faut pratiquer les vertus avec constance, générosité, abnégation.
Il faut se mortifier dans les petites choses, se crucifier habituellement, se sanctifier sans le savoir.
Pour être heureuse religieuse
Il faut s’ennuyer sans le laisser paraître, sans se plaindre, se sacrifier pour le bonheur d’autrui.
Il faut ignorer les fautes des autres, ne pas regarder leurs défauts mais se corriger des siens.
Il faut regarder la croix, aimer la croix, s’attacher à la croix.
Il faut vivre de Dieu, pour Dieu et en Dieu.

Vivre de Dieu, pour Dieu et en Dieu.
Catégories: Notre chemin de vie contemplative | 30/05/2010
Extraits d’un sermon de P.B Noailles (1793-1861) pour la fête de la Sainte Trinité
“De tous les mystères de notre Sainte Religion, il n’en est aucun qui rappelle autant l’amour de la Divinité et la reconnaissance que nous devons aux Trois Personnes, que celui de la Sainte Trinité.
Ce qu’elles ont fait pour vous
* Dieu le Père qui vous a créés, qui a donné son Fils pour vous, qui vous aime comme un Père aime ses enfants.
* Dieu le Fils qui vous a rachetés, qui vous donne dans son Eglise tant de sacrements, qui se donne à vous dans l’Eucharistie, qui intercède pour vous.
* Dieu le Saint Esprit qui vous a sanctifiés, régénérés, qui vous donne des sentiments d’amour, de ferveur, des bonnes pensées.
Que devez-vous aux Trois Personnes?
* Au Père, vous devez lui consacrer votre âme, votre coeur, votre corps…
Vivez-vous comme ses enfants?
* Au Fils, vous devez l’amour, la reconnaissance….
Avez-vous eu recours à son intercession?
* Au Saint Esprit, avez-vous correspondu à ses grâces?
Combien de fois avez-vous été sourds à sa voix?
Il est temps de se donner à Dieu, de se consacrer à cette aimable Trinité.
Catégories: Méditations | 30/05/2010
Il y a 190 ans, en la Fête de la Trinité 1820… Fondation de la Sainte-Famille
Depuis son séminaire, le Père Pierre Bienvenu Noailles porte en lui un projet qu’il tient de Dieu, celui d’une vaste Association dans laquelle pourront être inclus les différents états de vie et les différentes vocations dans l’Église. Monseigneur d’Aviau l’évêque de Bordeaux, ne s’y trompe pas: “Ce n’est pas une oeuvre ordinaire que vous allez commencer. Votre plan est celui d’un vaste Institut, n’importe, allez de l’avant.”
Il interprète comme un signe de Dieu, le fait qu’à peine arrivé à Bordeaux, trois jeunes filles à la recherche d’une nouvelle voie pour se donner à Dieu, se présentent successivement à lui à travers la direction spirituelle.
Il prend conseil de personnes avisées, et fort des encouragements de son évêque, il les rassemble officiellement pour une vie communautaire, le 28 mai 1820, jour de la Sainte-Trinité. Parmi elles figure sa sœur Catherine-Aimée Noailles. Elle envisage peut-être le Carmel, finalement elle décide de s’offrir pour l’œuvre de son frère et rejoint le petit groupe après défection de l’une d’entre elles.
Désormais le Père Noailles, conscient d’être dépositaire de la part de Dieu, d’un trésor pour l’Église et pour le monde est placé en situation de transmettre son expérience. Il devient effectivement Fondateur.
Ces premières religieuses, sont invitées à prendre la Sainte Famille pour modèle, à répandre entre elles et autour d’elles cette charité qui marquait les relations de Jésus, Marie et Joseph et à chercher et aimer Dieu avec le même amour fidèle. Car jamais sur terre Dieu ne fut aussi parfaitement aimé que dans la Sainte Famille de Nazareth.

Catégories: Infos Solitude | 29/05/2010
Pourquoi prier? Parce que « Dieu est Dieu et que cela suffit ». Nous témoignons de l’absolu de Dieu. La prière est un acte d’amour gratuit envers le Seigneur et envers tous nos frères et soeurs de par le monde. Dieu se donne à chacune d’entre nous.
La prière est l’ouverture de notre coeur à la venue de Dieu en notre vie. Dans la prière silencieuse, des visages viennent à notre mémoire. C’est un appel à prier pour ces personnes qui, bien mystérieusement, frappent à la porte de notre coeur.
“Il n’est rien que l’on ne puisse obtenir par la prière.”
(P.B Noailles)
Prier est un acte de foi. Parfois nous ne sentons rien et pourtant le Seigneur est là et nous désirons rester en sa présence. Notre désir est prière au-delà des mots, au-delà des sentiments. Il s’agit de revenir sans cesse à l’essentiel. Le Seigneur nous aime. C’est une certitude qui sourd du plus profond de notre être. Prier est une rencontre personnelle entre le Seigneur et chacune de nous.
Prier, c’est aimer, croire, donner, parler, vivre. C’est tourner notre regard et notre coeur vers Dieu. C’est écouter Jésus prier en nous « Abba, Père! », murmurer en nous, son Evangile. Prier, c’est entrer en conversation avec lui.
Prier, c’est vivre en enfant de Dieu. « Je fais toujours ce qui plaît au Père » nous dit Jésus dans son Evangile. Aussi, prions-nous sans cesse lorsque nous consentons à accomplir la volonté de Dieu en toutes choses. Prier, c’est se laisser guider par l’Esprit Saint tout au long du quotidien.
Prier, c’est suivre le Christ. C’est un chemin exigeant. Jésus nous émonde par sa Parole. Pour l’écouter, il faut, comme St Jean au soir de la Cène, demeurer prés de son coeur et apprendre de Lui à aimer, à prier, à vivre.
Prier, c’est répondre à l’exigence d’un amour mutuel et cet amour ne connaît pas de limite. Notre vie chrétienne, si nous voulons qu’elle se fortifie, doit être nourrie par la prière. Ce temps de rencontre avec le Seigneur, nous prépare et nous ouvre à la rencontre des autres.
Lorsque deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis au milieu de vous, nous dit Jésus dans l’Evangile. La prière communautaire est fondamentale pour persévérer dans la prière personnelle. La soeur qui prie à côté de nous, nous aide aussi à prier. Elle est habitée par la présence du Seigneur. A certains moments, sa prière suscite la nôtre.
Prier, est-ce difficile? Il est fondamental d‘ordonner sa vie de prière personnelle, d’avoir des temps réguliers de prière, de ne pas suivre seulement nos émotions ou attraits du moment. Un effort à faire! Il nous est difficile d’écarter nos préoccupations, d’arrêter le travail ou tout autre activité, d’éviter les distractions… Il est sage de se préparer à la prière. Malgré cela, notre mental s’agite et il faut, sans crispation, apprendre à le pacifier, à entrer dans la solitude du silence intérieur pour demeurer dans la présence de Celui qui nous aime.
Persévérer dans la prière pour prier, ne pas craindre au milieu de nos activités de tourner notre regard intérieur vers le Seigneur. Laisser jaillir, dans le silence de notre coeur ou sur nos lèvres, cette prière de feu, cette parole d’amour à Jésus qui nous aime. Apprendre un passage de l’Evangile ou un psaume par coeur… prononcer le nom de Jésus, savoir murmurer doucement cette parole à certains moments de la journée… dans le travail… en marchant… réciter une courte prière… peut nous aider à ne point nous disperser, à nous recentrer sur la présence de Dieu qui nous habite. Il connaît les désirs profonds de notre coeur.
“Priez souvent, priez sans cesse, c’est à dire faites de votre travail une prière continuelle qui monte constamment vers le divin maître… et cette union habituelle de votre coeur à son coeur vous donnera de douces consolations, vous rendra forte dans les épreuves, généreuse dans les sacrifices, fidèle toujours.” (P.B Noailles)
La prière personnelle et la prière communautaire sont une oeuvre d’amour, de paix, de solidarité qui nous relie à tous nos frères et soeurs dans la foi, à tous nos frères et soeurs qui cherchent un sens à leur vie à travers bien des luttes, bien des doutes.
“L’âme doit toujours prier,
non seulement pour demander, remercier, louer
mais pour vivre.”
(PB Noailles)
Catégories: Méditations | 27/05/2010
« Passons devant l’embarcadère de l’Ile de Toutes les Grâces pour entrer dans cette vaste prairie où se trouve le chêne du Bon Père. (…) Il est là, le chêne privilégié, seul au tronc robuste, se dressant avec majesté et la tête couronnée d’un vert feuillage. C’est bien lui le roi de la forêt ; c’est lui l’arbre du souvenir. (…)
Ce sont les bûcherons qui ont appelé cet arbre : « le chêne du Bon Père » , parce qu’en parcourant avec eux ces bois marécageux, notre Vénéré Père avait désigné trois chênes qui devaient être conservés, mais celui-là surtout, et ces braves gens se disaient l’un et l’autre : « Touche pas à çà, c’est le chêne du Bon Père ! ».
Nous prîmes l’habitude de venir nous asseoir sur l’herbe, au pied du chêne, et quelques fois, nous avions rendez-vous sous le chêne où nous trouvions notre Bon Père assis sur le tertre, le dos appuyé contre le tronc. Nous formions un demi-cercle sur l’herbe. Alors commençaient de saintes réflexions sur l’Amour de Dieu Seul et sur le néant des choses.. »
M. OLLIERE Mémoire des Contemporaines
Catégories: Zoom sur la Solitude | 24/05/2010
« Ils virent apparaître des langues qu’on eût dites de feu ; elles se divisaient et il s’en posa une sur chacun d’eux ».
“Le Saint-Esprit apparaît sous la forme de langues. La Pentecôte remédie à la dispersion et confusion des langues, produit de l’effort orgueilleux de la tour de Babel. Elle rétablit l’unité du langage humain. Les disciples seront compris par tous les étrangers venus à Jérusalem, Parthes, Mèdes et Cappadociens, et ceux-ci s’étonneront d’entendre comme dans leur propre langue les discours de ces Galiléens.
Le langage de l’Esprit – du moins son sens intérieur – est aujourd’hui encore accessible à tous les hommes, à toutes les races, à toutes les nations ; le même Esprit transmet un message universel, que chaque âme reconnaît cependant comme le sien propre. D’autre part, encore de nos jours, celui en qui le Saint-Esprit agit devient capable, sinon de s’exprimer en langues étrangères, du moins de trouver la « langue » psychologique qui aura une résonance chez chacun et ouvrira son cœur. Le « dialogue » devient ainsi possible.
Le « dialogue » devient ainsi possible
Ce sont des langues de feu qui se posèrent sur les disciples. Ces langues impliquent une charité brûlante. La parole semble conditionnée par la flamme. Enfin les langues sont également distribuées. Elles ne sont pas le privilège de Pierre, ou de Marie, ou des Onze. Elles se posent sur tous ceux qui sont présents dans la chambre haute, et cependant ces langues enflammées sont un seul et même feu. Ainsi se trouve résolu dans l’Église le problème de l’unité et des personnes. Ni l’une ni les autres ne sont sacrifiées.”
Père Lev Gillet “Un moine d’Orient”
Catégories: Méditations | 23/05/2010
“Comment se fait-il que chacun de nous
les entende dans sa langue maternelle ?”
Act 2,8
La génération du déluge a dit: “Qu’est-ce que le Tout-Puissant pour que nous le servions, quelle utilité y-a-t-il à le prier?” (Jb 21,15). Elle n’a pas cherché pas à attaquer Dieu, elle s’est contentée de l’ignorer.
La génération du déluge fut éradiqué parce qu’elle avait complètement sombré dans le péché du vol ainsi qu’il est dit: “Ils reculent les bornes des propriétés, volent les troupeaux et les font pâturer” (Jb 24,2). C’est pourquoi il ne resta pas de survivant de cette génération.(1)
La véritable liberté consiste à accepter de suivre la Loi de Dieu… A la Pentecôte, les peuples divisés se retrouvent unis lorsque l’Esprit Saint se manifeste. (2)

La génération de la dispersion a dit: “Il n’a pas le droit de choisir l’En-Haut pour lui-même et de nous donner l’En-Bas. C’est pourquoi allons et faisons une tour, faisons une idole à son sommet et plaçons une épée dans sa main et qu’elle apparaisse comme une divinité qui fait la guerre avec lui.”
La génération de la dispersion a plus péché que celle du déluge, car elle s’est attaquée directement à Dieu en voulant conquérir son domaine, le ciel. Elle a été moins châtiée parce qu’elle a compensé ses fautes par l’amour que les membres se portaient les uns aux autres ainsi qu’il est dit: “Et toute la terre avait une seule langue” (Gn 11,1). C’est pourquoi il resta des survivants de cette génération. (3)
L’Esprit de Pentecôte réalise en plénitude le lien et le respect entre les différences suscitées à Babel… Chacun entend un même message, mais dans sa propre langue... L’humanité est appelée à vivre cette unité, non pas sans Dieu mais en lui. (4)
(1) et (3) : La Bible racontée par Le Midrash - José Costa - Ed Bayard)
(2) et (4) : Synadec.org
Catégories: Ecritures et Tradition rabbinique, Lu ailleurs | 21/05/2010

“Les communautés accueillent avec simplicité et discrétion ceux qui cherchent le Seigneur dans le silence et la solitude. Cet accueil est appel et grâce pour la communauté elle-même.” (Const. Art 199)
La Solitude – Martillac … un lieu de retrait, un lieu riant, un lieu vivant, où toute personne peut se retrouver “seule avec Dieu Seul”. Cela ne veut pas dire isolée, mais elle-même, telle qu’elle est, avec ce qui l’habite réellement et la fait vivre.
Le Père Noailles écrivait le 25 janvier 1837:
« La maison de Martillac …… s’est considérablement embellie et s’embellit encore…. Nous savons tous et nous l’avons tous éprouvé, que les choses extérieures exercent une grande influence sur nos sens intérieurs. On cherche donc à réunir dans cette Solitude, tout ce qui peut éloigner les pensées de la terre pour y substituer celles du ciel, et établir l’âme dans un calme parfait pour qu’elle se trouve seule avec Dieu Seul.» (Lettre à C. Pérille)

Catégories: Zoom sur la Solitude | 20/05/2010
C’est peut-être une légende …. On dit qu’une jeune sœur Agricole conduisait le troupeau à paître à travers les bois. Elle s’aperçut qu’il lui en manquait une… Elle la chercha en vain pendant des heures …. mais inutile, la vache ne revenait pas.
La pauvre sœur désolée invoqua Marie lui demandant d’avoir pitié d’elle… Marie, que l’on n’invoque jamais en vain, répondit aussitôt à sa requête: la vache revint au troupeau….
La légende ajoute que les oiseaux chantaient un air qui voulait dire “Ave Maria”, le murmure du vent dans les branches répétait aussi : “Ave Maria” …
Au creux d’un chêne, en hommage, on déposa une image de Marie, puis on forma une niche pour la protéger de la pluie. Les paysans des environs vinrent la prier et s’offrir pour agrandir et consolider cette niche qui prit les proportions d’une petite chapelle tapissée de lierre et de mousse.
Notre Dame des Bois devint la Madone des pauvres habitants de la Lande.
Catégories: Zoom sur la Solitude | 17/05/2010