
“La source de notre vie est cachée avec le Christ en Dieu : c’est l’Amour du Père, du Fils et de l’Esprit, qui se déploie dans l’univers et se manifeste tout au long de l’Histoire du Salut. Le silence et la solitude nous font rejoindre cette source de vie éternelle ; ils favorisent et expriment le recueillement de tout l’être en Dieu.” (Constitutions Art 167)
Chaque jour est un temps de grâces, une participation à l’éternité de Dieu. Dans le silence et la solitude nous accueillons la profondeur de notre vie, de son quotidien ordinaire empreint d’intériorité, vécu dans un espace bien concret, celui d’une Communauté.
“Il nous faut regarder, écouter et créer cette dimension du Silence sans laquelle il est impossible de rien connaître et rien découvrir. Le Silence n’est pas une consigne, une discipline que l’on s’impose. Le Silence est Quelqu’un que l’on regarde, en qui l’on vit, quelqu’un que l’on respire et dont la Présence, justement suscite continuellement l’émerveillement et le respect à vivre dans l’ordinaire des jours de notre vie contemplative, une écoute active et ouverte, fidèle et créative.”(M.Zundel)
Le silence crée notre solitude cénobitique où chacune peut entendre Dieu parler à son coeur et laisser la vie de l’esprit s’épanouir en elle. “L’âme cesse d’être solitude, quand elle devient sanctuaire” (Bernard de Clairvaux). Il nous fait découvrir la nouveauté divine qui se cache dans quotidien ordinaire de notre vie faite d’adoration et d’humilité, d’attention et de simplicité.
Le silence, dans notre vie , façonne la parole échangée, partagée car «les mots authentiques émergent du silence et retournent au silence » (Barbara Fiand). Il est la bonne terre capable de recevoir la semence de la parole: celle de Dieu et celles de nos soeurs.
Catégories: Notre chemin de vie contemplative | 7/05/2009
Maurice Zundel à des enfants – Evangile Jn 10/11-16

Nous disons que Jésus est le bon Berger qui garde ses brebis et qui donne sa vie pour elles et c’est une chose magnifique. Mais est-ce que que vous n’êtes pas vous aussi, les bergers du Bon Dieu? Est-ce que Jésus n’est pas représenté Lui-même comme un agneau, comme une brebis qui cherche son berger, qui cherche son pasteur?… non seulement Jésus est le bon berger qui garde ses brebis mais c’est que chacun de vous est le berger, le berger de cet agneau, de cet agneau qui donne la vie au monde, de cet agneau qui est Jésus…
“Vous vous rappelez ce mot d’un poète anglais, Coventry Patmore, qui disait: “Qu’est-ce que Dieu? Dieu est celui qui tient l’homme dans sa main. Et qu’est-ce que l’homme? C’est celui qui tient Dieu dans sa main.“
Voulez-vous garder ce mot en regardant le Visage du Bon Pasteur, ce mot admirable et vous dire: “Moi, moi qui vais à l’école, moi qui suis un enfant, moi qui ai encore à travailler pour faire mon avenir, je puis aujourd’hui, maintenant, à chaque heure, à chaque seconde, je peux devenir le berceau de Dieu parce que Dieu a besoin de moi, parce que Dieu m’attend, parce qu’Il est mon berger, je suis moi aussi, le berger de l’Agneau de Dieu, parce que Dieu me tient dans sa main, moi aussi je Le tiens dans ma main.”
Catégories: Méditations | 2/05/2009
De Saint Bernard – 1090-1153, moine de Cîteaux
Marie est cette étoile, dont les rayons illuminent le monde entier, dont la splendeur brille dans les cieux et pénètre les enfers ; Elle illumine le monde et réchauffe les âmes, Elle enflamme les vertus et consume les vices. Elle brille par ses mérites et éclaire par ses exemples.
O toi qui te vois ballotté dans le courant de ce siècle au milieu des orages et des tempêtes de manière plus périlleuse que si tu marchais sur terre, ne détourne pas les yeux de l’éclat de cet astre si tu ne veux pas sombrer dans les tempêtes.
Si les vents de la tentation s’élèvent, si tu rencontres les récifs des tribulations, regarde l’étoile, invoque MARIE.
Si tu es submergé par l’orgueil, l’ambition, le dénigrement et la jalousie, regarde l’étoile, crie vers MARIE.
Si la colère, l’avarice, ou les fantasmes de la chair secouent le navire de ton esprit, regarde MARIE.
Si, accablé par l’énormité de tes crimes, confus de la laideur de ta conscience, effrayé par l’horreur du jugement, tu commences à t’enfoncer dans le gouffre de la tristesse, dans l’abîme du désespoir, pense à MARIE.
Que son NOM ne quitte pas tes lèvres, qu’il ne quitte pas ton cœur et pour obtenir la faveur des ses prières, n’oublie pas les exemples de sa vie.
En suivant Marie, on ne dévie pas, en la priant, on ne désespère pas, en pensant à Elle, on ne se trompe pas.
Si ELLE te tient par la main, tu ne tomberas pas ;
Si ELLE te protège, tu ne craindras pas ;
Si ELLE te guide, tu ne connaîtras pas la fatigue ;
Si ELLE est avec toi, tu es sûr d’arriver au but :
et ainsi tu comprendras, par ta propre expérience, combien cette parole est juste : « Le nom de la Vierge était Marie ». (Lc 1,27)
Catégories: Méditations | 1/05/2009
Du Pasteur Jean-Blaise KENMOGNE:
LA DIMENSION ECOLOGIQUE DE L’EVANGILE
Après avoir longtemps annoncé l’Evangile en mettant l’accent essentiellement sur sa dimension spirituelle, l’Eglise a compris qu’il fallait s’occuper, comme Christ, le Premier Evangéliste, du corps de toutes celles et de tous ceux à qui l’Evangile est annoncé. C’est ce qui a justifié l’essor des oeuvres sociales chrétiennes appelées aussi oeuvres de témoignage chrétien. Une certaine vision trop “spiritualiste” du salut cédait ainsi place à l’idée selon laquelle le corps, temple de Dieu (I Cor 3,16-17 ; II Cor 6 : 16 ; Actes 7,48) sera aussi, au même titre que l’esprit, ressuscité et revêtira l’incorruptibilité (I Cor 15,53-54) pour avoir également part à la vie glorieuse dans le Royaume de Dieu. La résurrection du Christ Jésus est un gage que le salut concerne effectivement tout l’homme, esprit et corps (I Cor 15). L’Evangile ne saurait donc être considéré uniquement sous l’angle spirituel, mais également dans sa dimension sociale. Mais face aux assauts répétés et de plus en plus dévastateurs de l’homme contre l’environnement, il s’avère pertinent de s’interroger sur la dimension écologique de l’Evangile…
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Catégories: Foi et vision cosmologique, Lu ailleurs | 26/04/2009

“Du rapprochement que fait Jésus entre les Ecritures et sa personne naît la foi comme exigence et comme certitude que Jésus est le fils de Dieu. Cette foi engendre un nouveau style de vie. Elle requiert du croyant qu’il vive en fils de la résurrection.” (Frédéric Manns)
“Avant tout, ce qui est important, c’est le cœur qui croit au Christ et qui dans la foi « touche » le Ressuscité ; mais il ne suffit pas de porter la foi dans son cœur, nous devons la confesser, en témoigner par notre bouche, par notre vie, en rendant ainsi présente la vérité de la croix et de la résurrection dans notre histoire.” (Benoît XVI – 2008)
Catégories: Méditations | 25/04/2009
De Fr. François Cassingena – Abbaye de Ligugé
…/…Ce matin, avant de partir, j’ai voulu faire un peu de lectio divina, parce qu’avec ma vie un peu gyrovague, c’est important de se demander où est le port. D’où vient-on et où va-t-on ? Quel est le véritable ancrage de notre vie ? Et je me disais finalement que l’ancrage, c’était la Parole de Dieu. Etre colporteur de la Parole de Dieu, c’est le rôle de chacun de nous. En ce moment, dans la Liturgie, nous lisons les récits des Actes des Apôtres et on nous les montre comme étant Porteurs de la Parole de Dieu, serviteurs de la Parole de Dieu. C’est comme cela que les Apôtres sont désignés au début de l’Evangile de St Luc : « Serviteurs de la Parole »…
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Catégories: Lectio Divina, Lu ailleurs | 24/04/2009
” La vie de prière requiert fidélité persévérante, renoncement à soi-même, soumission filiale pour laisser l’Esprit qui nous habite envahir notre être, pour entendre la parole que le Père nous redit aujourd’hui : « Voici mon Fils bien-Aimé qui a toute ma faveur, écoutez-Le ».” (Constitutions Art 193)
Dans notre vie quotidienne, nous donnons la priorité à la prière personnelle et communautaire. La prière est le pôle autour duquel toute notre vie s’organise. Chacune et ensemble, nous nous mettons sous le regard de Dieu pour habiter son mystère, sûres que « notre bonheur n’est pas hors de nous mais en nous par le règne de Dieu Seul » (P.B Noailles).
La prière est la porte ouverte sur ce bonheur, même si certains jours elle est étroite et rude à passer. Prier signifie consentir à entrer dans le combat spirituel. Nous pouvons éprouver quelques fois un sentiment d’ennui… notre esprit vagabonde et se laisse saisir par mille petits ou grands soucis… Nous devons croire que le Seigneur est là au plus intime et au plus profond de notre être, son regard d’amour posé sur nous. Il connaît notre désir profond. Il accueille notre pauvreté, notre incapacité à le prier parfois vraiment. Dom Gendebien écrit:
“Le Seigneur, par sa manière d’agir, nous apprend à prier”
La prière est cet espace d’amour, d’amitié, de partage que Dieu nous offre: “Le Seigneur parlait à Moise face à face, comme un homme parle à son ami…” (Ex 33,11). Il nous donne du temps et nous lui donnons du temps car, pour Lui comme pour nous, c’est essentiel. La prière est conversation d’amour avec Dieu.
La prière est continuelle car nous aimons le Seigneur. Jour après jour, nous gravissons, dans la foi, le chemin de la prière pour chercher le Seigneur et nous laisser trouver par Lui. La prière tourne le regard de notre coeur vers le Seigneur. Elle nous appelle à accueillir et écouter, méditer et célébrer la Parole de Dieu pour donner à chacune de nos journées la saveur de l’Evangile.
La prière est une fenêtre ouverte par laquelle le souffle de l’Esprit Saint entre en nous et nous renouvelle chaque jour. Nous Le supplions de nous donner la liberté de l’amour pour prier avec le Fils de Dieu : “Abba Père!“. La prière unifie notre vie dans le Christ et exprime notre être filial, notre vie d’enfants de Dieu.
Nous ne sommes jamais seules dans la prière. D’autres partagent notre foi et notre espérance. La prière nous relie au Seigneur, à l’Eglise et au monde. De la rencontre vivante avec le Christ Jésus, naît et se développe une vocation d’intercession. “Prier pour les hommes c’est donner du sang de son coeur”, disait un moine du mont Athos.
La prière est la voix de l’Eglise qui implore et supplie, bénit et loue son Dieu et fait résonner en notre monde le cri de l’humanité en quête de paix, de justice et d’amour. Un moine écrit:
“La prière est l’exercice terrestre de notre condition divine”
Catégories: Notre chemin de vie contemplative | 23/04/2009
POUR LIRE LE NOUVEAU TESTAMENT, FAUT-IL ÊTRE JUIF?
Conférence donnée le 12 février 2009 à Paris, au Collège des Bernardins, sous le patronage de l’Association pour l’Institut Decoutray et de la section d’études juives de l’École Cathédrale.
Le titre un peu provocant que nous avons choisi pour cette conférence nous permet d’entrer d’emblée dans le vif du sujet. Je dirai d’abord pourquoi la question se pose. Nous essayerons ensuite d’en tirer des conclusions théologiques.
I. Pourquoi la question se pose-t-elle ?
À cause de la parenté évidente qui existe entre le Nouveau Testament et la tradition juive ancienne. Peut-être faut-il dire d’abord ce que l’on entend par tradition juive ancienne. Le judaïsme a développé depuis l’antiquité toute une tradition exégétique, juridique, spirituelle, liturgique, mystique, qui emplit aujourd’hui des rayons de bibliothèques. Je me référerai ce soir à la littérature juive de l’antiquité (en gros, les cinq premiers siècles de notre ère) : le talmud (les débats des maîtres juifs sur l’interprétation de la Tora) et les midrashim (commentaires bibliques)…
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Catégories: Ecritures et Tradition rabbinique, Lu ailleurs | 20/04/2009
Rencontrer Jésus dans le jardin des Écritures par dom Victor, abbé – abbaye Notre-Dame de Tamié

La foi de Pâques est une rencontre de Jésus vivant. Lorsque Jésus dit à Thomas : Bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru, (Jn 20, 29) il affirme que croire c’est le rencontrer aussi réellement que Thomas en cet instant. Cette rencontre de foi se nourrit de l’Écriture revisitée. Dans le tombeau vide, Jean vit et il crut. Et il précise : ils n’avaient pas encore compris l’Écriture selon laquelle Jésus devait se relever d’entre les morts. (Jn 20, 8-9) La foi en la résurrection lui fait comprendre l’Écriture et c’est le souvenir de l’Écriture qui nous fait accéder à la foi. Luc rappelle avec insistance dans son chapitre 24 les trois lieux privilégiés de rencontre du Ressuscité que sont l’Écriture, la communauté et l’Eucharistie…
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Catégories: Lectio Divina, Lu ailleurs | 20/04/2009
Une soeur apostolique écrit….
La maison de la Solitude et la vie contemplative… un peu d’histoire…

Au soir du 14 Novembre 1831, à la nuit presque tombée, en pleine campagne, un voiturier dépose deux femmes avec leurs ballots à la porte d’une maison inhabitée. Une fois entrées et la chandelle allumée, elles ne découvrent que des toiles d’araignées.
Cette nuit là, elles dorment peu, l’oreille aux aguets pour faire face aux bruits menaçants de la nuit : craquements sinistres des huisseries, hululements sourds de quelques bêtes. Un froid rude et un vent glacial s’engouffrent dans cette maison aux fenêtres sans vitres. On raconte qu’à proximité, des loups affamés sont sortis des bois, et ont attaqué deux vaches à l’étable voisine. Au matin, elles découvrent une vigne noueuse et abandonnée et de magnifiques arbres qui barrent l’horizon.
Elles sont là en éclaireuses pour préparer la maison et accueillir trois autres compagnes. Ces dernières, venues de Bordeaux, arrivent avec une charrette tirée par des bœufs avec pour toute richesse : un peu de linge un peu de vaisselle, un pauvre mobilier, bref le strict minimum pour démarrer pauvrement une vie communautaire. Le curé de Martillac, l’abbé Breaud, a bien préparé les paroissiens à leur venue. Aussi, elles sont accueillies avec sympathie.
En 1831, la Sainte-Famille a déjà 11ans d’existence. Elle vient de s’établir à Martillac au lieu dit « le Vigneau-du-haut », qui deviendra très vite « la Solitude ». Le Père Noailles, dans son vaste projet, souhaitait une présence religieuse dans les campagnes. Son intuition est en train de prendre corps. Le premier geste de la communauté fondatrice est de placer au centre la statue de la Vierge Marie. C’est elle qui doit prendre possession des lieux et en devenir la Mère et la Reine.

28 ans plus tard, en 1859, le Père Noailles, peu de temps avant sa mort (+1861) fonde officiellement la première communauté de vie contemplative Sainte Famille. C’était pour lui, « le couronnement de son œuvre » et la Solitude en était pourrait-on dire, le berceau naturel ! Les Contemplatives ou Solitaires comme on les appelait alors, allaient être comme “le coeur mystique de toute l’Association de la Sainte-Famille” (P B.Peyrous)
Vue la difficulté d’assurer un service religieux à la Solitude, le Fondateur juge, dés 1860, opportun de rapprocher la communauté de la ville de Bordeaux Les “ soeurs solitaires” vont habiter le couvent St Pierre à Talence le 30 avril 1861 qui deviendra en 1920 le noviciat des sœurs apostoliques. Les « Solitaires » quittent alors “St Pierre” et s’installent au couvent Ste Hélène, dans le quartier St Augustin de Bordeaux. Elles y resteront jusqu’en 1966, date à laquelle elles reviendront au lieu qui les a vue naître : La Solitude. Et c’est là, en ce lieu béni et si cher à tous les membres de la Sainte Famille qu’elles demeurent toujours.
Depuis, la vie contemplative Sainte Famille s’est étendue dans d’autres pays. Aujourd’hui, il y a quatre monastères de la Sainte Famille: France (Martillac), Espagne (Oteiza), Argentine (Posadas) Sri Lanka (Nagoda).
Aujourd’hui, la communauté contemplative de la Solitude rassemble un petit nombre de sœurs. Mais sa force demeure dans son amour indéfectible pour le Seigneur et son Eglise. Présente à la vie du Secteur pastoral des Graves, elle poursuit, dans la foi et l’espérance, sa vie contemplative simple et fraternelle, accueillante et disponible.
Pendant de longues années, elle a été longtemps seule à tenir la flamme allumée de la vie contemplative au sein de la Famille spirituelle du Père Noailles. Aujourd’hui, elle est heureuse de célébrer en cette année 2009, le 150ième anniversaire de sa fondation.
Entourée de membres de la Sainte Famille, d’amis et des chrétiens du secteur pastoral des Graves, elle aura la joie, le 21 juin prochain, de rendre grâce pour tant de grâces reçues du Seigneur, au cours de l’Eucharistie présidée par le Cardinal Ricard, Archevêque du Diocèse de Bordeaux-Bazas.
Réjouissons de sa fidélité dans la prière, l’adoration et l’intercession pour l’Eglise et le monde. Sans sa présence, la Solitude serait-elle encore la Solitude ?
Catégories: Infos Solitude | 19/04/2009